Après avoir multiplié par quatre son CA, apuré l’intégralité de ses arriérés pour 1,14 million d’euros et retrouvé sa stabilité opérationnelle, JPME demande au ministère de l’Économie de reconsidérer l’arrêté du 13 janvier 2026 retirant son autorisation de fourniture d’électricité.
Entre 2022 et 2024, JPME a traversé une période de fortes turbulences, marquée par la flambée des prix de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine, une croissance mal maîtrisée et des difficultés opérationnelles.
Un redressement exemplaire accompli en 14 mois
Face à ces difficultés, le nouvel actionnaire a nommé une nouvelle directrice générale qui, plutôt que de masquer la situation de l’entreprise, a fait le choix de la transparence. En juin 2025, Sophie Bressol a pris la parole dans une lettre ouverte adressée à l’ensemble des clients, reconnaissant la crise et fixant un cap clair pour le redressement de JPME. En 14 mois, JPME a opéré une transformation profonde :
- Apurement intégral des arriérés : au 31 décembre 2025, l’ensemble des dettes connues (sauf cas résiduel pour des raisons techniques) vis-à -vis des producteurs particuliers a été remboursé, pénalités comprises, pour un montant total de 1,14 million d’euros. Ce paiement a été effectué alors même que les producteurs concernés demeuraient rattachés à leur périmètre d’équilibre historique, ce qui signifie que JPME n’a ni reçu l’énergie injectée ni pu en tirer une quelconque valorisation économique ;
- Recapitalisation : injection d’1 million d’euros et entrée d’un nouvel actionnaire au 31 décembre 2025, conformément aux recommandations de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) ;
- Croissance maîtrisée : le CA a été multiplié par quatre en un an, atteignant 12 millions d’euros fin 2025 ;
- Renforcement opérationnel : réorganisation complète du service client, déploiement de nouveaux outils (CRM, facturation automatisée, espace client en ligne), internalisation des fonctions critiques, recrutement d’une Directrice administrative et financière ;
- Statut de Responsable d’Équilibre : depuis 2025, JPME assure en temps réel l’équilibre entre production et consommation sur son portefeuille clients, fonction technique encadrée par RTE, témoignant de sa maturité opérationnelle.
Aujourd’hui, JPME accompagne 8 500 clients actifs : 5 000 particuliers (majoritairement en autoconsommation photovoltaïque) et 3 500 professionnels, dont 3 200 TPE et petites entreprises souvent délaissées par les acteurs historiques.
Une décision disproportionnée et brutale
Le 13 janvier 2026, un arrêté du ministère de l’Économie, publié le 15 janvier, a retiré à JPME son autorisation d’exercer en tant que fournisseur d’électricité, avec effet au 22 janvier. Cette décision, applicable en sept jours seulement, intervient au moment même où l’entreprise a retrouvé sa pleine stabilité et le chemin de la croissance. Dans ces conditions, l’arrêté ne répondait pas à un objectif de protection du consommateur mais produisait au contraire des effets inverses, comme l’illustrent les retours et inquiétudes exprimés par les clients de JPME. JPME conteste fermement cette mesure qui semble avoir été prise sans tenir compte de de ce redressement.  A la date de l’arrêté, aucun client n’était exposé à une coupure ou à une défaillance contractuelle. La fourniture était assurée de manière continue et conforme. Les griefs formulés concernent le rachat de surplus, qui ne représente que 3 % du chiffre d’affaires de JPME. Le cÅ“ur de l’activité reste la fourniture d’électricité aux clients finaux. Ces contrats de rachat ne sont d’ailleurs pas juridiquement portés par JPME mais par une entité tierce (SAS ECO SMART INVEST).
Des conséquences économiques et sociales dramatiques
Le maintien de cette décision aurait des impacts immédiats sur des milliers de clients et sur l’emploi. C’est déjà un pensum pour les producteurs d’électricité décentralisée. En effet, contrairement aux consommateurs finaux, automatiquement réaffectés à EDF, les producteurs concernés ne bénéficient d’aucune mesure de continuité contractuelle. Ils doivent, dans l’urgence, identifier un nouvel acheteur, à des conditions souvent moins favorables. Pour beaucoup, particuliers ou très petites structures, la vente d’électricité constitue un revenu essentiel, parfois décisif dans un contexte déjà contraint. Côté clients professionnels, 3 200 artisans, commerçants, TPE risquent de ne pas retrouver de fournisseur d’électricité adapté à leur profil. Ces entreprises, souvent mal notées financièrement, sont celles pour lesquelles JPME est l’un des seuls fournisseurs à proposer une offre accessible. Pour conclure, JPME y voit un manque aggravé de concurrence sur les ELD (Entreprise Locale de distribution) pénalisant les consommateurs.
EncadréÂ
Une demande de réexamen adressée au ministère
JPME a engagé un recours juridique (référé-liberté et référé-suspension) et sollicite un dialogue constructif avec les pouvoirs publics. « Au regard des efforts tangibles de redressement opérés au service des consommateurs, de la réalité actuelle de notre entreprise, et des conséquences économiques concrètes que cet arrêté pourrait engendrer sur des milliers de clients, en particulier les plus vulnérables. Nous demandons solennellement au ministre de l’Économie de reconsidérer sa décision » déclare Sophie Bressol, directrice générale de JPME.

