Alors que le prix du carburant dépasse aujourd’hui la barre des 2€ et que la colère monte chez les automobilistes, les transporteurs et les professions libérales, Olga Givernet, ancienne ministre déléguée chargée de l’Énergie et députée de l’Ain, appelle à ne pas tomber dans la solution de facilité qui consisterait à baisser temporairement les taxes et préconise à une réponse sur le long terme.
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Si Olga Givernet reconnaît la nécessité d’une remise à plat de la fiscalité de l’énergie, elle estime qu’une telle réforme ne peut pas se conduire dans l’urgence d’une crise dont personne ne connaît encore la durée. Elle soutient en revanche la ligne adoptée par le gouvernement, celle d’aides ciblées et concentrées sur les classes moyennes et les indépendants, plutôt que des chèques généralisés qui creusent la dette publique sans être réellement bénéfiques pour ceux qui en ont le plus besoin.
L’énergie est devenue une arme
La députée de l’Ain alerte également sur la nature profonde de cette crise, qui ne s’arrêtera pas avec un cessez-le-feu, parce qu’elle est d’abord le symptôme d’une guerre commerciale dans laquelle l’énergie est devenue une arme. La France, qui a choisi de ne pas intervenir militairement aux côtés des États-Unis, doit en tirer la seule conclusion qui s’impose : accélérer sa sortie de la dépendance aux énergies fossiles. Par ailleurs, alors que le prix du baril de pétrole est en nette baisse sur les marchés internationaux, Olga Givernet appelle à ce que cette diminution se répercute concrètement et sans délai à la pompe. Il n’est pas acceptable que les baisses de cours profitent aux seuls intermédiaires sans jamais parvenir jusqu’au consommateur final.
« On ne sortira pas de cette crise en subventionnant le pétrole »
Parmi les mesures concrètes à déployer, la députée propose le prêt de véhicules électriques aux personnels d’aide à la personne, qui parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres au service des plus fragiles. Ce dispositif présente un double avantage : il permet à ces professionnels de s’approprier le véhicule électrique au quotidien, tout en les libérant de la charge du plein d’essence. De nombreuses collectivités territoriales ont déjà mis en place des flottes d’autopartage qui pourraient leur être mises à disposition. Pour Olga Givernet, ancienne ministre déléguée chargée de l’Énergie et députée de l’Ain : « On ne sortira pas de cette crise en subventionnant le pétrole. On en sortira en donnant à chaque Français les moyens de s’en passer. Le passage à l’électrique, pour les trajets du quotidien comme pour les professionnels, est une solution viable. C’est ce chemin-là qu’il faut ouvrir à tous, pas celui du chèque permanent. »

