Les villes du C40 mettent en avant les énergies renouvelables comme la voie la plus efficace pour garantir une énergie abordable et fiable, et réaffirment leur engagement collectif à réduire de moitié l’utilisation des énergies fossiles d’ici 2030.
Alors que les maires des grandes villes mondiales et les dirigeants des gouvernements de la planète se réunissent lors de la première Conférence sur la transition hors des énergies fossiles, coorganisée par la Colombie et les Pays-Bas, un message est clair : la sortie des énergies fossiles est le moyen le plus efficace de garantir la sécurité énergétique.
« Les villes sont prêtes à montrer la voie »
La volatilité mondiale actuelle a démontré que la dépendance aux énergies fossiles constitue une menace directe pour les budgets des ménages, la stabilité financière nationale et la sécurité mondiale. En s’éloignant des chocs de prix et des perturbations d’approvisionnement inhérents aux énergies fossiles, il est possible d’offrir ce dont les communautés ont réellement besoin : une énergie abordable, fiable et résiliente face aux crises mondiales. Cette conférence représente l’un des résultats les plus prometteurs de la COP30, marquant un passage concret des engagements mondiaux à leur mise en œuvre locale. Plus tôt ce mois-ci, plus de 25 villes du monde entier ont rejoint les gouvernements de la Colombie et des Pays-Bas lors d’un dialogue virtuel coorganisé par le C40 et ICLEI, garantissant que la conférence reflète une perspective véritablement globale au niveau local et mette en valeur la transition en action. « Partout dans le monde, les villes démontrent que la transition hors des énergies fossiles est non seulement possible, mais déjà en cours, et qu’elle apporte des bénéfices concrets aux populations. À un moment où les ménages font face à des factures énergétiques en hausse, à des chocs d’approvisionnement et à des impacts climatiques croissants, notre dépendance aux énergies fossiles expose les communautés à l’instabilité et aux risques. Entre baisse des coûts de l’énergie, amélioration de la qualité de l’air et renforcement de la résilience, cette transition améliore déjà la vie aujourd’hui tout en sécurisant notre avenir. Et c’est dans les villes que cette transition devient réelle. Les maires électrifient les transports, développent les énergies propres, forment la main-d’œuvre et rendent les logements plus efficaces et plus abordables, démontrant qu’il est possible de renforcer les économies tout en réduisant notre dépendance à des marchés fossiles volatils. C’est une opportunité de bâtir des communautés plus saines, plus abordables et plus sûres. Et les villes sont prêtes à montrer la voie » Caterina Sarfatti, directrice du programme « Action climatique inclusive » du réseau C40 Cities.
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Les zones urbaines représentent 75 % des émissions mondiales liées à l’énergie
Alors que les prix de l’énergie continuent de fluctuer en fonction des marchés mondiaux des énergies fossiles, les villes démontrent que les énergies renouvelables offrent une alternative plus stable et plus économique. Chaque hausse des prix du pétrole et du gaz se répercute immédiatement sur les ménages, les entreprises et les finances publiques, soulignant les risques d’une dépendance persistante à des marchés mondiaux volatils. L’électricité renouvelable est désormais nettement moins chère que les sources fossiles traditionnelles : les nouvelles installations solaires et éoliennes coûtent au moins 50 % de moins que les nouvelles capacités de production fossiles. Par ailleurs, 92 % des pays disposent d’un potentiel en énergies renouvelables supérieur à dix fois leur demande énergétique actuelle. Les villes sont au cœur de cette transition. Les zones urbaines représentent 75 % des émissions mondiales liées à l’énergie, ce qui rend l’action locale essentielle aux progrès globaux. Ce sont également les lieux où les impacts de la dépendance aux énergies fossiles sont les plus visibles, qu’il s’agisse de l’augmentation du coût de la vie, de la pollution de l’air ou des perturbations liées au climat.
« Cette transition est essentielle pour construire une ville plus résiliente au service de ses habitants »
Dans les villes du C40, les émissions par habitant ont déjà diminué en dessous des niveaux d’avant la pandémie, marquant quatre années consécutives de baisse et démontrant que des progrès durables sont possibles. Les gouvernements locaux mettent déjà en œuvre des solutions à grande échelle. De la plus grande zone à faibles émissions au monde à Londres à l’achat collectif d’énergie renouvelable à Melbourne, qui alimente désormais 100 % des opérations municipales, les villes accélèrent la transition tout en réduisant les coûts. À Curitiba, au Brésil, les marchés publics pour l’énergie solaire réduisent de 30 % les factures énergétiques des bâtiments publics tout en créant des emplois verts. Varsovie soutient les ménages à faibles revenus dans leur transition vers des systèmes de chauffage propres, réduisant ainsi la précarité énergétique et la pollution de l’air. À Johannesburg, une obligation verte de 140 millions de dollars a financé des projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique. « Au Cap, nous travaillons à garantir un avenir énergétique plus fiable et plus abordable en diversifiant notre approvisionnement et en investissant dans les énergies renouvelables. En permettant la production indépendante d’électricité et en réduisant progressivement notre dépendance aux énergies fossiles, nous renforçons la sécurité énergétique tout en créant de nouvelles opportunités économiques. Cette transition est essentielle pour construire une ville plus résiliente au service de ses habitants » confirme Geordin Hill-Lewis, maire du Cap.
Eviter plus de 776 000 décès prématurés d’ici 2050
Ces actions s’inscrivent dans un engagement commun des maires du C40 : réduire de moitié l’utilisation des énergies fossiles dans les villes d’ici 2030. Cet objectif contribue de manière essentielle à la cible mondiale de tripler la capacité en énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie, adoptée par près de 200 pays lors de la COP28. Les bénéfices sont indéniables : cette transition pourrait éviter plus de 776 000 décès prématurés d’ici 2050 et prévenir des pertes économiques de plusieurs milliers de milliards dans le secteur de la santé. En Colombie, Bogotá a créé la première zone à faibles émissions (ZUMA) dans l’un des quartiers les plus vulnérables et les plus pollués, améliorant la qualité de l’air et la santé publique pour près de 40 000 personnes. « Quito avance résolument vers les énergies propres, car un air plus pur, des coûts plus faibles et une ville plus saine pour nos habitants sont des bénéfices incontestables que nous devons tous poursuivre. En investissant dans les transports durables et les systèmes énergétiques modernes, nous réduisons notre dépendance aux énergies fossiles tout en construisant un avenir plus juste et plus résilient. Cette transition n’est pas une option politique : elle est essentielle pour l’avenir de nos communautés. Et nous devons agir maintenant » se réjouit Pabel Muñoz, maire de Quito.
Selon une analyse du C40 portant sur 25 villes, jusqu’à 6 millions de travailleurs supplémentaires pourraient être nécessaires d’ici 2040Â
Parallèlement, elle stimule l’économie : plus de 21 millions d’emplois verts existent déjà dans les villes du C40, et 4 emplois sur 10 devraient être « verts » d’ici 2040. « À Nairobi, nous investissons dans des transports publics plus propres et élargissons l’accès à une énergie fiable pour soutenir une ville en pleine croissance. Cette transition crée des emplois, améliore la mobilité et offre des solutions plus abordables à nos communautés. Passer à des sources d’énergie plus durables, c’est construire aujourd’hui une ville qui fonctionnera mieux pour les générations futures » assure Sakaja Arthur Johnson, gouverneur de Nairobi. La main-d’œuvre est un élément clé de cette transition. Les villes s’attaquent aux pénuries de compétences par des programmes de formation et de reconversion. Selon une analyse du C40 portant sur 25 villes, jusqu’à 6 millions de travailleurs supplémentaires pourraient être nécessaires d’ici 2040.
« La transition hors des énergies fossiles est un défi mondial »
Cependant, le rythme et l’ampleur du changement dépendent d’une coopération renforcée. Les gouvernements nationaux doivent intégrer l’action des villes dans leurs plans climatiques et énergétiques, augmenter les investissements et améliorer l’accès aux financements. Une transition juste et inclusive doit rester au cœur de ces efforts afin de garantir que les bénéfices soient largement partagés. Et Haris Doukas, maire d’Athènes de conclure : « À Athènes, nous accélérons la transition vers une énergie propre en investissant dans des bâtiments efficaces sur le plan énergétique, en développant les transports durables et en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles dans toute la ville. Grâce à des initiatives comme notre bureau de lutte contre la précarité énergétique, nous veillons à ce que les ménages les plus vulnérables puissent accéder à des solutions énergétiques propres et abordables. Ces actions nous permettent de réduire les coûts, d’améliorer la qualité de l’air et de renforcer notre résilience. La transition hors des énergies fossiles est un défi mondial, c’est pourquoi nous soutenons également des initiatives telles que le Traité de non-prolifération des énergies fossiles. Cette transition n’est pas seulement nécessaire : c’est une opportunité de construire un avenir plus vivable, plus sûr et plus équitable pour toutes nos communautés. »
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