En déplacement à Narbonne en ce début d’année, Jules Nyssen le président du SER (Syndicat des Energies Renouvelables) a plaidé pour une plus grande décentralisation de l’énergie où chaque territoire devrait prendre sa part. Une vision décentralisée de la politique énergétique française qui devrait alimenter la campagne présidentielle à venir !
Jeudi 15 janvier dernier dans les locaux de la CCI de Narbonne. Jules Nyssen accompagné d’Antoine Hantz, représentant régional titulaire du SER en Occitanie, vient à la rencontre des acteurs des filières renouvelables de la Région, des développeurs éoliens, éoliens flottants, photovoltaïques et agrivoltaïques. Ces réunions sont idéales pour tester le pouls des professionnels et évaluer leurs attentes dans un contexte de crise énergétique mondiale et d’incertitudes nationales à l’heure des élections municipales et présidentielles à venir.
« Freiner le développement des EnR coûtera plus cher qu’accélérer»
En conférence de presse, Jules Nyssen est revenu sur la crise liée à l’électricité en France. « On nous dit qu’il y a trop d’électricité dans le pays, qu’en rajouter ne sert à rien. Mais notre inconvénient est notre atout numéro un. N’oublions pas que l’électricité est le principal moyen de substituer aux fossiles au sein du mix. Il en faudra toujours plus. Nous avons juste un problème de temporalité alors que nous continuons à vivre dans l’illusion du pétrole et du gaz infinie, sans jamais mentionner les externalités et le coût compris entre 60 et 70 millions d’euros qui pèse sur les comptes publics. Freiner le développement des EnR, coûtera plus cher qu’accélérer ». Pour l’heure les acteurs du renouvelable sont toujours dans l’attente de la publication de la fameuse PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie), une véritable arlésienne. Celle-ci a déjà été signée une première fois par François Bayrou qui s’est déjugé l’espace d’un week-end sous d’intenses pressions politiques et de chantage à dissolution.
« Il est nécessaire de réadapter la capacité de décision »
Ce qui est à espérer. Voir une PPE signée une fois le budget adopté. « La PPE dessine un plan national appuyé sur un grand équilibre énergétique. Au sein de ce plan, chaque territoire doit prendre sa part en responsabilité. Il est nécessaire de réadapter la capacité de décision. Les projets de développent des EnR, par essence apolitiques et garants de souveraineté, doivent être porté par les élus locaux » confie Jules Nyssen. En Occitanie, la Région qui affiche fièrement son objectif de région à énergie positive à horizon 2050 représente un parangon en matière de décentralisation. « Nous avons déjà anticipé le développement des projets et les repowerings ici en Occitanie pour poser des objectifs crédibles et régionaliser les objectifs des documents cadres. Les territoires doivent se doter de comités régionaux de l’énergie présidés par les Régions et les préfectures. L’échelon régional est capital pour soutenir la dynamique » précise Antoine Hantz. Et Jules Nyssen de prendre la balle au bond. « Il est certain que l’énergie sera l’un des thèmes centraux de la prochaine présidentielle au même titre que la sécurité, la santé ou la politique internationale. Dans ce domaine, le SER entend porter la notion de décentralisation de l’énergie, au plus près des territoires. » Dont acte !

