ESMC : La loi sur les accélérateurs industriels de la Commission européenne ne répond pas au « Made in Europe » pour le PV

Des règles locales faibles et un retard de mise en Å“uvre risquent de saper l’objectif européen de reconstruire une chaîne de valeur photovoltaïque complète et de renforcer la sécurité énergétique. Analyse !

Mardi 4 mars dernier, la Commission européenne a enfin présenté sa proposition de loi sur l’accélérateur industriel (IAA), qui vise à renforcer la base européenne de fabrication en technologies propres. Le Conseil européen de la fabrication solaire (ESMC) est profondément déçu par l’exigence édulcorée de contenu local pour l’énergie solaire que la Commission européenne a désormais présentée.

 

« Je suis très déçu par ce jeu édulcoré »

 

En limitant le critère à seulement deux composantes des installations solaires (sur huit) – onduleurs et cellules – il ne sera pas possible de ramener toute la chaîne d’approvisionnement photovoltaïque (PV) en Europe. De plus, cette disposition n’entrera probablement en vigueur qu’en 2030. Le délai de trois ans avant que la disposition ne devienne applicable affaiblira encore davantage la proposition dans son ensemble. Elle contraste avec la loi sur la neutralité carbone de l’industrie, adoptée en 2024, qui fixait à l’origine l’objectif de rétablir l’ensemble de la chaîne de valeur photovoltaïque d’ici 2030. « Cette cible disparaît de sa vue. Je suis très déçu par ce jeu édulcoré. Nous avons besoin de « Made in Europe » pour garantir la sécurité énergétique à long terme du continent. L’explosion actuelle des prix de l’énergie, causée par la guerre en Iran, démontre l’importance d’être indépendant des autres régions », déclare Christoph Podewils, secrétaire général de l’ESMC. « Si l’industrie solaire européenne doit attendre encore trois ans après l’adoption de la législation, de nombreuses entreprises auront disparu entre-temps en raison de la concurrence déloyale persistante de la Chine. »

 

« L’UE doit rapidement désigner la Chine comme fournisseur à haut risque de technologies solaires photovoltaïques »

 

L’ESMC appelle à l’expansion progressive du champ du « Made in Europe » à d’autres segments de marché et à tous les composants solaires, ainsi qu’à la proximité de partenaires européens tels que le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège. Cependant, elle n’est pas favorable à l’extension de cette extension à tous les pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’UE, comme le suggère le règlement. L’ESMC soutient la proposition de la Commission d’imposer des restrictions aux fournisseurs à haut risque de technologies à émission nette zéro. Dans le secteur solaire, la Chine représente sans aucun doute le plus grand risque pour la sécurité, un fait qui doit être clairement reconnu lors de la prochaine mise en Å“uvre. « L’UE doit rapidement désigner la Chine comme fournisseur à haut risque de technologies solaires photovoltaïques, en accordant une attention particulière aux onduleurs solaires photovoltaïques. La Chine domine actuellement la chaîne de valeur mondiale de la production solaire à un degré sans précédent, grâce à d’énormes subventions étatiques, aux distorsions du marché et à d’autres pratiques déloyales qui ont forcé les fabricants européens à quitter le marché. Cette question nécessite une attention urgente », conclut Christoph Podewils.

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