Contre les politiques renouvelables européennes, le lobby nucléaire français est à l’œuvre

Bernard Accoyer, président de PNC (Patrimoine Nucléaire et Climat) entretient une relation épistolaire intense et soutenue avec le président de la République Emmanuel Macron. Par des courriers datés du 8 décembre 2025, du 29 janvier 2026 et du 16 mars 2026, qui ont toujours le même objet, Bernard Accoyer alerte Emmanuel Macron sur « les conséquences délétères gravissimes qu’aurait l’adoption du projet de « Paquet Réseaux » défendu par la Commission européenne ».

L’objectif du projet « Paquet Réseaux » de moderniser et d’étendre l’infrastructure de réseau, véritable épine dorsale du système énergétique européen, afin que tout son potentiel puisse être exploité. Le train de mesures sur les réseaux européens et l’initiative « Autoroutes de l’énergie », proposées par la Commission, favoriseront des flux d’énergie efficaces dans tous les États membres, en intégrant une énergie propre moins chère et en accélérant l’électrification. Cela contribuera à faire baisser les prix de l’énergie et à faire en sorte que le coût de la vie reste abordable pour tous les Européens. Ces mesures garantiront un approvisionnement sûr et fiable alors que l’Europe se détourne des importations d’énergie russe et des fossiles du Golfe pour parvenir à l’indépendance énergétique.

Mettre rapidement en Å“uvre l’initiative « Autoroutes de l’énergie », suppose également d’accélérer l’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables, les projets de stockage et les stations de recharge. Une perspective qui fait frémir Bernard Accoyer. Ce dernier supplie donc le président de la République « d’exiger, face l’activisme actuel de la Commission, que la France affiche explicitement son opposition déterminée au projet de « Paquet Réseaux ». L’idéologie hors sol, qui prévaut dans les services de la Commission – hostile au nucléaire français, mais soutenue par plusieurs États « amis » – a conduit à multiplier les initiatives au cours du premier semestre 2026, afin de lever les verrous administratifs et financiers susceptibles de freiner l’adoption du projet. Ainsi, la Commission a lancé la communication AccelerateEU le 22 avril 2026, demandant au Parlement et au Conseil d’accélérer les négociations en vue d’une adoption définitive avant la fin de l’année 2026. Une Task Force « Union de l’énergie » a été mise en place pour arbitrer plus rapidement les blocages politiques entre États membres. L’initiative la plus concrète pour gagner du temps est la proposition de Directive sur l’accélération des permis, instaurant une limite de 2 ans pour l’octroi des permis de construction de réseaux et considérant d’emblée que les infrastructures de réseau relèvent de « l’intérêt public majeur » ce qui simplifie les évaluations environnementales. »

Bernard Accoyer plaide pour une action forte et urgente, pour une intervention la plus ferme possible d’Emmanuel Macron au prochain Conseil Européen. Parmi les raisons invoquées à cette opposition frontale du projet « Paquet Réseaux », le président du PNC fait état de la fragilisation du réseau, de son coût évalué à 1 200 milliards d’euros, de la disparition du libre choix du mix énergétique pour un pays membre et donc d’une perte de souveraineté. « Demander à notre nucléaire d’assurer la compensation de la variabilité de l’éolien et, à fortiori, du solaire européens est techniquement irréaliste et contraire aux intérêts de la France, qui a assuré totalement le financement de son parc nucléaire » écrit Bernard Accoyer. L’exception française de l’atome est devenue un sujet éminemment politique. A quelques mois des présidentielles, le lobby nucléaire compte peser sur les débats. N’en doutons-pas !

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