Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé jeudi 12 février depuis le Jura les grandes orientations de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, plus de 300 chefs d’entreprises du secteur sont réunis ce jour à Paris à l’occasion de l’Université de l’Energie de Demain pour réagir et débattre de ces annonces, qui constituent un moment charnière pour la stratégie énergétique française.
Les premières réactions recueillies à l’Université de l’Énergie de Demain auprès de plusieurs dirigeants du secteur, à la suite de ces annonces.
Pascal Demurger, Co-président d’Impact France : « Si nous voulons renforcer notre souveraineté comme notre compétitivité, nous avons besoin d’une trajectoire claire et ambitieuse de décarbonation énergétique. La publication tant attendue d’une Programmation pluriannuelle de l’énergie est donc une bonne nouvelle industrielle, économique, géopolitique et climatique pour la France. Elle confirme la volonté de réduire nos dépendances aux fossiles, de nous appuyer sur toutes les énergies décarbonées et d’électrifier nos usages. Après les incertitudes, revirements et menaces de moratoire qui ont fragilisé le secteur, nous avons enfin une visibilité minimale pour avancer. Restons toutefois vigilants : les débats politiques restent virulents et d’autres revirements sont encore possibles. Impact France restera mobilisée pour que le cap soit maintenu ».
Jean-Charles Colas-Roy, Président de Coénove : « Il faut saluer cette publication de la PPE3, même si l’on peut regretter le retard pris et l’absence de passage devant le Parlement. Cette PPE était très attendue car elle donne de la visibilité à de nombreuses filières de production d’énergie renouvelable. Soyons vigilants à ne pas parler que d’électrification, en négligeant les autres vecteurs énergétiques décarbonés et les politiques de réduction de la demande. Il faut avant tout faire rimer programmation avec maîtrise des consommations, diversification, hybridation et interconnexions. »
Aurélien de Meaux, Président et co-Fondateur d’Electra : « La PPE envoie un signal clair : la France fait le choix de l’électricité. C’est une avancée structurante. Mais la prochaine bataille est celle des usages. Accélérer l’électrification, notamment dans la mobilité, c’est transformer notre production en pouvoir d’achat et en souveraineté concrète. »
Sylvain Le Falher, CEO et co-Fondateur de Hello Watt : « L’enjeu central de notre politique énergétique est de substituer, au plus vite, l’électricité aux énergies fossiles importées. Déployer les véhicules électriques, les pompes à chaleur et le solaire n’est pas qu’un impératif écologique : c’est un levier majeur pour le pouvoir d’achat, l’emploi local et notre souveraineté nationale. Agissons dès maintenant. »
Christian Montoya, Directeur général d’Ekwateur : « Enfin un cap, lucide face au contexte international, pour accélérer notre souveraineté énergétique. Nous saluons les objectifs ambitieux de réduction de notre dépendance aux fossiles et de développement de chaleur renouvelable. Sur l’électrification, le défi est d’articuler la demande avec l’offre. Libérer l’innovation en matière de flexibilité, de maîtrise de la demande et d’évolution des usages doit désormais devenir une priorité structurante. Cette ambition exige un cadre stable et prévisible, pour permettre aux acteurs du marché d’assumer pleinement leur rôle. »
Albert Codinach, Président d’elmy : « Le cap donné et l’ambition de décarbonation portée par la France sont des points importants à saluer. Au-delà des clivages EnR vs nucléaire, l’enjeu majeur est l’électrification des usages. Sans y mettre les moyens, nous ne sortirons pas de notre dépendance aux énergies fossiles. C’est un enjeu systémique qui concerne tous les leviers : moyens de production, flexibilité, réseau et consommation. Nous tous, acteurs de l’énergie, politiques publiques et territoires, devons nous mobiliser pour relever ce défi technique et accompagner les consommateurs dans cette trajectoire. Si l’électrification se fait dans le bon sens, alors les EnR seront là pour l’accompagner dans la durée, à moindre coût pour la collectivité. Mais pas sans stabilité. Il est essentiel d’avoir un cadre politique, réglementaire et fiscal stable pour que les projets puissent émerger. »

