Après trois ans d’attente, la PPE 3 a été dévoilée jeudi 12 février par le premier ministre Sébastien Lecornu en visite dans une centrale hydroélectrique du Jura. Cette troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) vise à accroître la production d’énergie décarbonée et à assurer la souveraineté énergétique du pays d’ici 2035. Elle sera publiée sous forme de décret vendredi 13 février au journal officiel.
Alors que la menace d’un moratoire planait sur les EnR, un constat s’impose : le photovoltaïque s’en sort plutôt bien avec une trajectoire assez ambitieuse alignée sur le scénario R3 de RTE. L’objectif 2030 de RTE affichait une puissance de 47 GW, la PPE l’étalonne à 48 GW, contre un peu plus de 31 GW en 2025. Pour 2035, la PPE évalue une fourchette entre 55 et 80 GW, soit comprise entre le scénario R2 et R3,5. Ces cibles devraient permettre de rassurer les acteurs de la filière photovoltaïque et d’apporter la visibilité demandée par les investisseurs. A horizon 2030, la mise en œuvre de la PPE3 en matière de photovoltaïque devrait conduire à la création de plus de 38 000 emplois dans la filière (18 920 en 2022 et 56 760 attendus en 2030).
Afin de valoriser son électricité décarbonée, le Gouvernement lance par ailleurs  un plan d’électrification des usages. Des groupes de travail seront organisés dès février 2026 avec l’ensemble des parties prenantes, permettant d’aboutir au printemps à des propositions concrètes dans les secteurs de l’industrie et l’artisanat, du numérique, du bâtiment et des mobilités.
Le solaire thermique n’est pas oublié. La PPE envisage une accélération de la dynamique de la filière, pour atteindre 10 TWh de production en 2035 (contre 1,5 TWh en 2022). En termes d’emplois, 11 320 sont attendus en 2030 contre seulement 2830 en 2022. L’ambition existe autour de la chaleur renouvelable.
Il est à noter qu’afin de permettre un ajustement fin de l’offre à la demande énergétique, la PPE prévoit, pour la première fois, une clause de revoyure en 2027, permettant d’ajuster la trajectoire selon les besoins effectifs en énergie. Du sur mesure en somme !

