Position de la fédération FUTUR à propos de la négociation de la PPE

Le prix de l’électricité proposé par une PPE défavorable aux EnR va faire fuir les industriels et menace le pouvoir d’achat des Français. Les projections de FUTUR!

Alors qu’on débat de la prochaine PPE, il est temps de rappeler des faits. D’après l’IRENA, le coût actualisé moyen de l’électricité produite par les centrales solaires et les éoliennes était d’environ 5 c€/kWh en 2024. En face, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) évalue le coût complet du nucléaire existant à 6 c€/MWh pour 2026‑2030. Et pour les nouveaux EPR2, un coût de production de 13 à 17 centimes/kWh, trois fois plus cher que le solaire et l’éolien.

Solaire vs nucléaire : la vérité des prix et des recettes pour l’Etat

Pour comparer la valeur de l’électricité nucléaire avec le prix de l’électricité renouvelable, il faut intégrer le coût de cette modulation. Qui existe aussi bien pour le nucléaire que pour les renouvelables. (celui des renouvelables est plus important) La France est dans un contexte idéal pour gérer les fluctuations en lien avec la production des énergies renouvelables. En effet, son parc important de chauffage électrique et de chauffe-eau électriques offre une capacité de modulation de 150 GW, soit plus du double de la production nucléaire. Avec la baisse rapide du prix des batteries, les fluctuations ne sont plus un problème. Par exemple pour un particulier qui s’équipe d’un système solaire + batterie, il va bénéficier d’un prix de revient plus de 2 fois moins cher que le prix de vente des fournisseurs d’électricité. En clair : les renouvelables sont l’option la moins chère, même en incluant leur variabilité et l’intégration au réseau. Continuer à privilégier une filière nucléaire hors de prix reviendrait à subventionner une technologie qui menace notre industrie et notre pouvoir d’achat.

Le prix social du ralentissement

Selon les professionnels de la filière, la France a installé plus de 5 GW de solaire en 2024 et la filière emploie 67 000 personnes (110 000 personnes avec les emplois induits). Le chiffre d’affaires a atteint 14 milliards d’euros, avec plus de 2 milliards d’euros de retombées fiscales. Nous avons calculé que chaque gigawatt installé représente environ 13 400 emplois, puisque 5 GW d’installations mobilisent 67 000 travailleuses et travailleurs. Autrement dit, passer de 5 GW/an à 1 GW/an ferait disparaître plus de 53 000 emplois. La raison est simple : entre 50 % et 80 % du coût d’un projet solaire est composé de main-d’œuvre locale (études, montage, raccordement). Avec un coût d’investissement d’environ 1 milliard d’euros par gigawatt installé, réduire le rythme de 5 GW à 1 GW conduirait à un manque à gagner annuel de 2 à 3,2 milliards d’euros de charges sociales pour l’État. Ce sont autant de cotisations qui ne financeront plus la protection sociale et la formation dans nos territoires.

Plus la PPE sera ambitieuse pour les renouvelables, mieux ce sera pour le pouvoir d’achat

Dépenser des milliards pour prolonger ou construire des réacteurs à plus de 13 centimes/kWh alors que le solaire et l’éolien coûtent 4 centimes relève de l’absurdité économique. Choisir les scénarios R1 ou R2, c’est faire un cadeau au lobby du nucléaire en détruisant des dizaines de milliers d’emplois et en asséchant les recettes de nos caisses sociales. Notre message est simple : ne sacrifions pas une filière compétitive et créatrice d’emplois sur l’autel d’une technologie hors de prix. La PPE doit confirmer une trajectoire ambitieuse (R3 ou R4) pour maintenir l’élan du solaire, protéger l’emploi local et offrir aux Français une énergie propre et abordable. Les salariés de la filière renouvelable, de ses nombreuses PME, sont très inquiets. Ils se mobilisent mardi prochain : nous leur apportons notre soutien, et invitons le gouvernement et les parlementaires à les entendre.

Encadré

Les scénarii RTE

Le Bilan prévisionnel 2025 de RTE propose quatre trajectoires pour le solaire :

  • *R4 **: maintenir l’effort – 5 GW/an jusqu’en 2030 puis 7 GW/an, pour atteindre ≈90 GW en 2035.
  • *R3 **: rythme modéré de 3,5 GW/an, soit ≈65 GW en 2035.
  • *R2 **: ralentissement à 2,5 GW/an, soit ≈55 GW en 2035.
  • *R1 **: scénario moratoire à 1 GW/an, conduisant à ≈40 GW en 2035 et nécessitant même d’annuler des projets déjà autorisés.

Les deux premiers scénarios (R3/R4) permettent de poursuivre la dynamique actuelle et de préparer l’avenir énergétique de la France. Les scénarios R1 et R2 reviennent à bloquer l’essor du solaire et à sacrifier des milliers d’emplois locaux, alors que plus de 10 GW de projets disposent déjà d’autorisations.

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