Rencontres Solaires de l’Est 2026 à Mutzig : la filière locale serre les rangs face aux errements du gouvernement

Les Rencontres Solaires de l’Est ont réuni plus de 500 participants à la salle du Dôme de Mutzig le 27 janvier dernier pour leur 3ème édition. Celles-ci ont été l’occasion de réunir les donneurs d’ordre privés, les collectivités territoriales et la filière photovoltaïque régionale qui est dans l’attente d’un cadre règlementaire clair. Au programme : tables rondes, salon professionnel avec 32 exposants, ateliers, temps conviviaux… Un constat : l’absence de cap gouvernemental fragilise la filière locale…

En Grand Est, comme ailleurs sur le territoire national, la filière PV doit faire face à l’absence de cap et de cadre réglementaire en matière d’installation photovoltaïque. Ainsi, il n’y a pas de cadre de soutien concernant les installations de plus de 100 kWc en toitures mettant en péril les installateurs locaux. Par ailleurs, les développeurs sont également impactés par l’absence de nouveaux appels d’offres à moyens termes. Comme le rappelle Michaël Godet, Président de Cap à l’Est « des entreprises, confrontées à la baisse d’activité doivent d’ores et déjà supprimer des emplois, ce qui est profondément déplorable ». Les différents partenaires dont la Région Grand Est ont rappelé en discours d’ouverture le besoin d’une publication rapide de la PPE 3 avec des objectifs ambitieux pour l’énergie photovoltaïque.

De nouveaux modèles économiques et juridiques pour ne plus dépendre uniquement des tarifs d’achat

C’est donc logiquement que la première table ronde avait pour thématique « Face à la baisse des soutiens publics, quels nouveaux modèles économiques et juridiques pour les projets photovoltaïques ? » Sébastien Landais, président de l’entreprise Enerfox a mis en évidence les solutions de pilotage permettant de renforcer l’adéquation entre les moments de production des centrales PV et les besoins de consommation. De son côté, Patrice Thil a exposé l’intérêt que peut représenter l’autoconsommation collective pour une entreprise, malgré encore certaines lourdeurs administratives persistantes. Enfin, Nicolas Foubert d’Hervé Thermique a souligné le potentiel du stockage permettant d’augmenter le taux d’autoconsommation.

Cette thématique a d’ailleurs été davantage développé en après-midi lors d’un atelier intitulé « Solaire PV, électromobilité, petit stockage : quelles complémentarités ? »  Jean-François Camus d’EDF y a ainsi rappelé le potentiel du Vehicule to Grid (V2G) qui devrait connaître de belles perspectives de développement avec l’arrivée de la R5 électrique. Alain Bion de Solplanet a souligné l’utilité du stockage intelligent permettant d’optimiser les performances de l’installation PV et donc de sa rentabilité. David Gréau d’Enerplan a de son côté mis en évidence un cadre réglementaire encore trop précaire et défavorable pour le petit stockage. Les intervenants se sont accordés sur un développement nécessaire du stockage pour mieux intégrer le solaire, qui devrait s’opérer rapidement.

Le solaire, une solution locale plébiscitée par les territoires

La seconde table ronde s’est intéressée au rôle de l’écosystème solaire photovoltaïque comme moteur de développement territorial local. Julia Muller de la SEM Grand Est Energies a mis en lumière le fort intérêt des collectivités locales pour le développement photovoltaïque notamment lorsqu’elles peuvent avoir une place dans la gouvernance de la société de projet. L’occasion également de valoriser l’investissement citoyen dans ce type de parc. Cécile Cantrelle, présidente de Voltec Solar a exposé le rôle important de la filière PV dans le dynamisme économique local. « Nos salariés sont également des habitants de notre territoire souvent propriétaires d’une installation solaire qui demeurent les meilleurs ambassadeurs de nos produits ». Enfin, Charline Rollet en a profité pour présenter le programme « les potentiels solaires » visant à former 1500 jeunes et demandeurs d’emplois dans les métiers du photovoltaïque en Grand Est. Le photovoltaïque fait également rayonner l’emploi local dans les territoires ruraux.

Tracer le chemin de la transition énergétique

La journée s’est achevée sur une conférence de clôture sur la thématique de la mobilité avec l’intervention de Jérôme Zindy et Aurélien Bigo, experts mobilité. Ils ont rappelé la nécessaire décarbonation de notre mobilité qui passe par l’électrification des usages mais également l’importance de s’interroger sur nos besoins. Ainsi, les véhicules légers intermédiaires, parfois solarisés, offrent une vraie solution entre le vélo et la voiture.

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