Le groupe de campagne ukrainien Razom We Stand vient de publier un nouveau rapport intitulé « Le tableau de bord de la dépendance énergétique russe de l’Europe », notant la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni (1 à 25 points) sur leurs progrès dans la réduction des revenus russes des combustibles fossiles, qui ont dépassé 200 milliards d’€ depuis l’invasion de 2022. Sur les questions de sanctions et d’application des flottes parallèles, et la transition des combustibles fossiles russes dans le cadre des nouveaux plans REPowerEU : les pays de l’UE n’ont en moyenne que 13/25 – chaque réduction majeure d’importation était légalement imposée, non volontaire, laissant des failles critiques qui continuent de financer la machine de guerre de Moscou. Une gabegie dérangeante !
Le tableau de bord révèle des liens persistants entre entreprises et infrastructures qui maintiennent l’afflux de GNL russe vers l’Europe.
Échecs clés à travers l’Europe
Les entreprises publiques et les contrats à long terme avec des projets comme Yamal LNG soutiennent des centaines de millions de paiements annuels à la Russie, tandis que le blanchiment via les terminaux de regazéification et la réexportation masque l’origine russe une fois que le gaz entre dans les réseaux interconnectés de pipelines. Les services maritimes britanniques ont facilité une grande partie du commerce du GNL de la Russie après l’interdiction, tandis que l’Allemagne enclavée reste exposée via des ports voisins.
- Les contrats d’entreprise persistent : les grands acteurs de l’énergie comme TotalEnergies (France) et les entreprises publiques comme SEFE (Allemagne) maintiennent des accords à long terme sur le GNL russe malgré des alternatives et des interdictions imminentes de l’UE.
- Le blanchiment de GNL prospère : le gaz russe regazélifié circule de manière intraçable à travers les réseaux européens, les terminaux hubs doublant les importations après les interdictions de transbordement.
- Retards dans l’application de la loi : les interdictions de la flotte fantôme restent rares malgré des centaines de navires désignés ; les services maritimes continuent de soutenir les exportations russes.
« Après plus de quatre ans de guerre brutale, avec des pertes horribles subies en Ukraine, cette recherche révèle un échec massif des dirigeants européens dans leurs efforts pour réduire à l’épuisement du budget de guerre de Poutine. Notre tableau de bord prouve que l’Europe continue d’aider à remplir la caisse de guerre de Poutine grâce au blanchiment de gaz GNL et auprès d’entreprises comme Total (France), SEFE (Allemagne) ou Seapeak (Royaume-Uni). L’énergie propre est prête dès maintenant – interdire les services maritimes, détenir les navires de la flotte fantôme, sanctionner les facilitateurs, et passer rapidement à des énergies renouvelables moins chères qui assurent la sécurité énergétique, un avenir prospère pour l’Europe et une Ukraine pacifique. » confie Dr Svitlana Romanko, fondatrice et directrice exécutive de Razom We Stand. Même avec la fin du gaz direct par pipeline, l’infrastructure européenne de GNL – conçue pour la diversification – est devenue la nouvelle porte d’entrée du gaz russe. Les terminaux de Zeebrugge, Dunkerque et Barcelone traitent les cargaisons GNL russes de Yamal, tandis que les produits raffinés d’Inde et de Turquie (souvent du brut russe) comblent les lacunes d’importation de pétrole. Ces tendances sapent la crédibilité des sanctions et exposent l’Europe à une arme des prix.
Â
Tripler les investissements dans les énergies propres : la vraie solution
Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie – avec l’Ukraine subissant chaque jour des pertes dévastatrices – la voie évidente de l’Europe vers la sécurité énergétique n’est pas de combler les failles ni d’attendre les suppressions progressives de 2027. Une énergie propre moins chère offre une indépendance immédiate face aux pétrodictateurs. Cette transition affaiblit le financement de guerre de Poutine, sécurise les chaînes d’approvisionnement contre le chantage géopolitique et positionne l’Europe comme leader énergétique. Le triptyque solaire/éolien/batteries dépasse désormais le coût et la fiabilité du gaz russe, et la fin des importations de fossiles russes réduirait drastiquement le financement de guerre sans coupures de courant ni pics de prix. Razom We Stand recommande aux dirigeants de l’UE de réduire les subventions publiques pour le gaz GNL sale et obsolète, de faire respecter le traçage des origines du gaz, de sortir des contrats à long terme par force majeure, et de tripler l’investissement dans les énergies renouvelables – transformant la vulnérabilité des énergies fossiles en énergie propre solide et sécuritaire.
Encadré
Les pires failles par pays
- Belgique (12/25) : Zeebrugge – la #1 passerelle russe de GNL de l’UE – a doublé les importations de Yamal 2024-25 ; Les contrats de Fluxys verrouillent les revenus jusqu’aux années 2030.
- France (13/25) : TotalEnergies détient une participation de 20 % dans le projet russe de Yamal. Les ports de Dunkerque/Montoir apportent du gaz à l’Europe, livrant par exemple à l’Allemagne.
- Allemagne (12/25) : SEFE, propriété d’État, achète 2,9 tonnes par année de GNL Yamal via la Belgique/France – des centaines de millions par an à Novatek malgré les revendications d’ « indépendance ».
- Espagne (13/25) : L’accord de 2,5 tonnes par année pour Yamal de Narbory se termine en 2038 ; Paiements russes de GNL de 1,3 milliard d’euros en 2025 malgré une sortie précoce du brut.
- Royaume-Uni (19/25) : Les navires/assureurs sous les services maritimes britanniques ont transporté 76 % des exportations russes de GNL après l’interdiction (~45 milliards de livres sterling au premier trimestre 2025).
Encadré
Quid de Razon We Stand ?
Razon We Stand est un groupe communautaire basé en Ukraine qui Å“uvre à mettre fin au commerce du pétrole et du gaz russes et à promouvoir la transition vers un avenir prospère en matière d’énergie propre.
razomwestand.com/europes-russian-energy-dependency-scorecard/

