La filière des énergies renouvelables a été reçue ce jour par le Premier ministre Sébastien Lecornu, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, dans le cadre des échanges relatifs à la future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Bilan !
Cette réunion de plus de deux heures s’est tenue dans un climat de travail très constructif, permettant un échange direct et franc sur la situation du secteur et sur les attentes fortes de la filière. Elle a confirmé un point essentiel : à l’évidence, il n’y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables. Cette clarification était attendue et nécessaire pour rassurer les salariés des entreprises du secteur.
La filière a obtenu des garanties du Premier Ministre sur la relance des appels d’offres. Les échanges ont également mis en évidence un sentiment d’urgence largement partagé, lié au contexte géopolitique international. La question énergétique est aujourd’hui une question de souveraineté, de sécurité d’approvisionnement et de compétitivité industrielle.
Nous, acteurs des énergies renouvelables, sommes prêts à prendre notre part. Mais cela suppose une mobilisation collective : une véritable “équipe de France des énergies”, alignée sur des objectifs clairs et ambitieux afin de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles. La filière constate avec satisfaction que les échanges de ce jour témoignent d’une volonté forte du gouvernement de sortir d’une forme d’impuissance qui a trop longtemps marqué la politique énergétique française.
La PPE3 doit être un cadre opérationnel, lisible et crédible, pour permettre de déclencher des investissements en faveur de l’industrie, des territoires et de l’emploi. Les organisations syndicales restent pleinement mobilisées et disponibles afin de garantir le succès de ce plan d’électrification et d’accompagner durablement le développement des énergies renouvelables au service de l’intérêt général et de l’indépendance énergétique de la France.
Trois questions à Jules Nyssen, président du SER
Plein Soleil : Le communiqué commun aux trois syndicats montre le volontarisme du gouvernement en matière de développement des EnR mais il demeure flou sur les objectifs et les dates. Qu’en est-il ?
Jules Nyssen : Voyons déjà d’où l’on vient. Il y a quelques jours à peine, il était évoqué dans la presse des scenarii catastrophes, à grands coups de moratoire jusqu’au décommissionnement de projets déjà autorisé. Aujourd’hui, le Premier ministre Sébastien Lecornu a posé un premier jalon. Il a engagé son gouvernement sur l’absence à venir de moratoire sur les EnR ainsi que sur une relance rapide des AO sur la base de la PPE2. Ces annonces font foi. Les cibles et les chiffres précis seront l’objet d’une deuxième étape.
PS : Sébastien Lecornu vous a-t-il convaincu ?
JN : Le premier ministre a mis en avant la souveraineté française dans un contexte géopolitique tendu. Et sur ce sujet, l’énergie est la base de toutes les souverainetés. L’outil nécessaire et indispensable pour la mettre en place n’est autre que la PPE gravée dans le marbre pour dix ans. Sur cette thématique de la souveraineté, nous avons senti de la sincérité et une vraie ambition autour de la PPE.
PS : La prise en compte de la souveraineté énergétique serait donc une priorité gouvernementale et l’assurance d’une PPE volontariste sur les objectifs EnR ?
JN : Nous l’avons ressenti comme cela. Certes, nous savons qu’un recalage est incontournable par rapport au discours de Manosque et aux fameux 100 GW d’ici à 2035. Pour l’heure, l’important est que la borne demeure la même pour 2030. De notre côté, nous relèverons le défi en “équipe de France des énergies”.

