Le 4 juillet dernier un énorme incendie touchait le Pays Catalan à Trevillach, avant de se répandre quelques jours plus tard dans le secteur d’Ille sur Têt engendrant l’évacuation de milliers d’habitants et réduisant en cendres près de 5 000 hectares et malheureusement plusieurs habitations. Au cÅ“ur du brasier, une centrale de 11 MWc développée par Luxel en 2014 n’a quasiment subi aucun dégât par rapport à l’ampleur du feu, à quelques panneaux et câbles près. Quand les OLD, Obligations Légales de Débroussaillement, jouent leur rôle de coupe-feu !
Ille-sur-Têt, Pyrénées-Orientales. Début juillet 2026, le premier grand incendie de l’été en France dévore près de 5 000 hectares et laisse apparaître un paysage de cendres, de ceux qui illustreraient des récits d’eschatologie cosmique. Dans ce paysage dévasté par les flammes, une centrale solaire exploitée par Luxel apparaît comme incroyablement épargnée compte tenu du caractère exceptionnel du feu.
« C’est là que l’on voit toute la pertinence des OLD, Obligations Légales de Débroussaillement »
Seulement deux tables de modules (une centaine de panneaux en tout sur les 43 500 au total) et des câbles ont subi des dommages. « C’est là que l’on voit toute la pertinence des OLD, Obligations Légales de Débroussaillement. Les dégâts ont été limités grâce à l’entretien régulier de la végétation sur site et sur les cinquante mètres autour des clôtures et aux abords. Le débroussaillage, surtout en période de sécheresse, est plus que jamais indispensable pour se prémunir de telles catastrophes. Le feu n’a pas pénétré dans l’enceinte de la centrale. Durant l’épisode, nous l’avons découplé et elle a été coupée par l’agence de conduite du réseau d’Enedis » précise Arnaud Ponche, directeur de Luxel. Les organes vitaux de la centrale n’ont pas subi de dommage. Les transformateurs et les onduleurs n’ont pas connu de dégradation. Dès le 10 juillet, la moitié des onduleurs ont ainsi été remis en service. La centrale doit être nettoyée et les grillages qui l’encerclent remplacés. « Nous avons par ailleurs lancé une expertise sur les structures et un diagnostic complet de toute la centrale pour mesurer l’impact du feu sur l’ensemble du site » poursuit le DG.
« La bande de cinquante mètres débroussaillée autour du parc fait office de coupe-feu »
La centrale est répartie sur trois îlots disjoints. Dès sa création, le projet avait fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement, réalisée par CRB Environnement, bureau d’études en environnement de Perpignan, ayant permis d’éviter toute zone présentant un enjeu environnemental. Ce bureau d’études assure un suivi durant la phase d’exploitation de la centrale. « Il s’agit là d’un parc exemplaire nantis de nombreux îlots de verdure. La bande de cinquante mètres débroussaillée autour du parc fait office de coupe-feu et assure la sécurité incendie de tout le site. Nous retrouvons ainsi une mosaïque de milieux favorables aux oiseaux. Nous allons mettre en place des nichoirs mais aussi créer des mares et de nouvelles zones humides que nous avons déterminées à l’aide d’un drone un jour de fort écoulement des eaux afin de les positionner le plus pertinemment possible. De nombreuses espèces vont ainsi se réinstaller sur cet espace de 70 hectares et assurer la biodiversité » assurait à l’époque Thierry Roig, patron de CRB Environnement.
« Nous devons faire face à deux lois antagonistes, entre OLD et espèces à protéger »
Sur le côté coupe-feu, Arnaud Ponche se veut prudent tant la vigueur de l’incendie n’a pas permis d’arrêter les flammes aux alentours des îlots photovoltaïques. « Ce que l’on peut dire avec certitude c’est que l’entretien et le débroussaillement ont été salvateurs pour la centrale et qu’ils ont permis aux pompiers d’allouer et de mobiliser leurs ressources ailleurs, sur les habitations en proie aux flammes. La centrale n’a pas été une source d’inquiétude pour les hommes du feu » relève Arnaud Ponche. En matière de bio-diversité versus mise en avant par le bureau d’études versus la sécurité des sites, Arnaud Ponche pointe là un paradoxe. « Nous devons faire face à deux lois antagonistes, entre OLD et espèces à protéger, deux réglementations qui tiraillent les opérateurs de centrales que nous sommes. On nous parle de fauchage tardif pour l’épanouissement de la faune. Mais les incendies arrivent de plus en plus tôt dans la saison. Nous avons besoin de cohérence dans tout cela, de faire la part des choses avec pragmatisme. Je prône d’ailleurs pour un groupe de travail avec pour objectif de faire concilier biodiversité et préservation des OLD » conclut Arnaud Ponche. Avec la déprise agricole actuelle, l’entretien des friches devient une priorité absolue. De leurs côtés, les développeurs font leur travail en la matière afin de limiter la propagation des incendies et protéger leurs actifs. Car question biodiversité un débroussaillement efficace et réalisé dans les temps fera toujours moins de dégâts qu’un incendie dévastateur de grande ampleur qui laisse peu de place à la survie des espèces…
Encadré
Un mot à destination des pompiers de l’entreprise Luxel
« Pour tous nos sites, nous appliquons les recommandations du Service Départemental Incendie et Secours (SDIS) en phase d’exploitation des centrales photovoltaïques. Nous remercions vivement le SDIS pour son intervention. Plus de 800 pompiers se sont mobilisés pour cet incendie. »

