Grand soleil pour la filière photovoltaïque ! – par Xavier Daval, Président de la Commission solaire du SER

Le solaire photovoltaïque connaît une croissance inédite. Malgré l’impact de la pandémie de COVID-19, 138,2 GW supplémentaires ont été installés dans le monde en 2020, soit une croissance de 18 % par rapport à 2019. Cette année, ce chiffre devrait atteindre 200 GW, un nouveau record pour la filière ! En milieu d’année, le parc solaire photovoltaïque mondial représentait 773,2 GW.

La France n’est pas en reste : la puissance du parc solaire s’élevait au 30 juin à 11,7 GW, avec 669 MW raccordés au cours du seul deuxième trimestre 2021, portant les raccordements à 1,3 GW sur les six derniers mois, soit plus qu’au cours de toute l’année 2020, lors de laquelle environ 1 GW avait été raccordé. Sur les douze derniers mois, la puissance du parc a augmenté de 1,8 GW, un développement considérable. Cette croissance témoigne du fort dynamisme des acteurs français du secteur.

L’objectif de 20 GW en 2023, fixé par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), est désormais atteint à 57,5 %. Pour 2028, il faudra parvenir à une fourchette comprise entre 35 et 44 GW, ce qui implique d’installer plus de 30 GW dans les sept années à venir. La route est encore longue, mais les signaux positifs se multiplient ces derniers mois et permettent de faire preuve d’un certain optimisme.

Parmi ces signaux, tout d’abord le lancement des nouveaux appels d’offres pour la période 2021-2026, publiés cet été, qui prévoient plus de 3,2 GW de projets photovoltaïques par an. Mais aussi le nouvel arrêté tarifaire (S21) fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière, enfin publié en octobre, après des mois d’attente. Depuis des années, le SER appelait de ses vœux ce système de guichet ouvert donnant droit à un tarif d’achat pour les projets de 100 à 500 kW. Nul doute que cet arrêté donnera un nouvel élan aux projets sur bâtiments, hangars et ombrières, de nombreux projets ayant déjà été développés par anticipation.

Cette nouvelle séquence va permettre d’opérer le changement d’échelle indispensable pour s’approcher des volumes cibles de la PPE : l’installation de 3 à 4 GW de nouvelles capacités photovoltaïques par an.

Les perspectives à moyen et long terme, sont, elles-aussi, très encourageantes. Fin août, le Premier ministre annonçait que l’énergie solaire constituait un axe prioritaire de la stratégie en matière d’énergie renouvelable électrique. Début novembre, la Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, concrétisait les annonces de Jean Castex en présentant un plan d’action en 10 mesures pour accélérer le développement du solaire photovoltaïque.

Ces annonces constituent un signal positif. Les mesures de simplification administrative et celles qui permettront de valoriser les surfaces artificialisées ou dégradées sont, en particulier, susceptibles de permettre l’accélération du développement du photovoltaïque sur l’ensemble du territoire. Alors que la France est le plus grand territoire d’Europe, les contraintes réglementaires qui s’imposent au solaire rendent les terrains pour les centrales au sol difficiles à trouver : 51% du territoire est classé agricole, 40% est boisé et les développeurs doivent se concentrer exclusivement sur les 9% restants de sols artificiels qui, par définition, sont souvent occupés. Pourtant, les besoins en foncier de la filière pour atteindre les objectifs PPE sont minimes, de l’ordre de 0,05 % du territoire français. Le plan d’action gouvernemental vient donc répondre à un réel besoin.

Parmi les autres bonnes nouvelles de ces dernières semaines, l’étude, « Futurs énergétiques 2050 », publiée par RTE en octobre. Même le moins-disant des six scénarios présentés fait la place belle au photovoltaïque dans le mix électrique français, en proposant une cible de 70 GW en 2050. Dans l’hypothèse d’un scénario 100% EnR, cet objectif serait porté à 208 GW.

L’heure semble donc être à l’enthousiasme. Néanmoins, la prudence reste de mise : le solaire, comme les autres énergies renouvelables, risque d’être chahuté dans les débats électoraux qui s’annoncent. En effet, les énergies renouvelables sont devenues un objet éminemment politique, qui génère un nombre croissant de contre-vérités.

Il faudra, plus que jamais, rappeler les nombreux atouts de la filière :, rendre l’industrie française plus compétitive, soutenir l’agriculture, diminuer les importations d’énergies fossiles, créer de l’emploi et revitaliser les territoires et, bien sûr, lutter contre le changement climatique !

 

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