En cet été caniculaire 2026, l’électricité bondit de +4,11 % sur les prix de 2027 et +10,35 % sur le contrat d’août 2026. Le contrat du mois prochain (août) est passé de 64,33 à 70,99 €/MWh. Le calendaire 2027 a progressé de 57,60 à 59,97 €/MWh, tandis que le calendaire 2028 est resté stable à 50,43 €/MWh. La hausse est nette sur le court terme, plus mesurée sur les échéances longues.
Deux fondamentaux se conjuguent. La chaleur augmente la demande de climatisation. Et la disponibilité du parc nucléaire français a reculé, de 44 à 38 GW : EDF a réduit la production de trois réacteurs (Golfech sur la Garonne, Bugey sur le Rhône, Chooz sur la Meuse) parce que la température des rivières menace de dépasser les limites légales de rejet thermique, fixées pour protéger les milieux aquatiques. Jusqu’à cinq réacteurs sont concernés, et le ministère de l’Économie a accordé une dérogation temporaire sur le Rhône, autour de Bugey, jusqu’au 20 juillet pour sécuriser le réseau. RTE, le gestionnaire du réseau, a indiqué que la capacité disponible reste suffisante pour couvrir la demande.
Le mécanisme de formation du prix explique la hausse. Le prix de l’électricité se cale sur le coût de la dernière centrale appelée pour équilibrer le réseau. Avec moins de nucléaire disponible et une demande de climatisation en hausse, cette dernière unité est plus souvent une centrale au gaz, dont le coût est plus élevé. La France étant interconnectée avec l’Allemagne et l’Italie, aux mix plus fossiles, les prix français suivent aussi ce mouvement. La chaleur et la sécheresse pèsent par ailleurs sur la production hydraulique. Ces contraintes reposent sur des conditions météorologiques encore susceptibles d’évoluer. Dans ce contexte, l’énergie solaire apporte une large contribution dans la satisfaction de la demande en journée.

