Canicule et prix négatifs : l’été devient un révélateur de la volatilité du marché de l’électricité

L’été devient une saison paradoxale pour le marché de l’électricité. D’un côté, la forte production solaire favorise l’apparition de prix très bas, voire nuls ou négatifs, sur certains créneaux horaires. De l’autre, les vagues de chaleur entraînent une hausse de la consommation, notamment avec l’usage accru de la climatisation et des équipements de froid, et ainsi entraînent une augmentation des prix.

 

Ce paradoxe est particulièrement visible avec la vague de chaleur inédite qui touche le pays. Sur le marché spot français, le prix de l’électricité est passé de 33,49 €/MWh le 10 juin à 106,80 €/MWh lundi 22 juin et RTE prévoit même un pic de consommation à plus de 57GW ! Autrement dit, l’été est une période plus propice aux prix négatifs qu’en hiver. Mais ce n’est qu’une partie de l’équation. Dès que les températures augmentent fortement, la demande électrique progresse elle aussi, ce qui peut annuler le bénéfice des prix bas pour les consommateurs et entraîner une plus importante volatilité des prix.

 

Cette dynamique montre que la question énergétique ne se résume plus à “consommer moins”. Elle porte désormais aussi sur le moment où l’électricité est consommée. Lorsque l’électricité est abondante, notamment en milieu de journée, les prix peuvent fortement baisser. Mais la logique s’inverse sous l’effet de la chaleur où le marché peut se tendre rapidement.

 

Pour Guillaume Faure, expert énergie et fondateur de LibertéWatts, cette situation illustre l’un des grands enjeux des prochaines années : rendre les ménages capables de s’adapter à ces signaux de prix : « L’été concentre aujourd’hui deux phénomènes opposés : des prix très bas, voire négatifs, lorsque la production solaire est abondante, et des hausses brutales lorsque la chaleur fait repartir la consommation. C’est précisément ce paradoxe qui rend la flexibilité indispensable. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de grand froid en hiver et de vagues de chaleur en été vont se multiplier, ainsi, déplacer nos consommations le reste du temps est un enjeu majeur sous-estimé, mais ô combien important !»

 

Depuis le début de l’année, la France a déjà enregistré 450 heures de prix négatifs ou nuls, contre 320 à la même période en 2025. En mai 2026, 80 % des journées ont connu au moins une heure de prix nul ou négatif, notamment entre 13h et 17h. Ces chiffres confirment que les épisodes de prix bas se multiplient, mais qu’ils coexistent désormais avec des phases de tension plus marquées en période de forte chaleur.

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