De Gaulle Fleurance dévoile la 7ème édition de son observatoire des transitions énergétiques, réalisé en partenariat avec AZB & Partners (Inde), Brigard Urrutia (Colombie), DaWo Law Firm Shanghai (Chine), De Gaulle Fleurance Africa (Sénégal), De Gaulle Fleurance EMEA (Emirats Arabes Unis), Rittershaus (Allemagne) et Shakespeare Martineau (Royaume-Uni). Cette édition s’intéresse aux grands consommateurs d’électricité et au triple défi de leur raccordement au réseau, de leur flexibilité et de leur bancabilité, avec une analyse comparée dans les différents pays des cabinets contributeurs. Décryptage !
+3,6 % par an. C’est le rythme de la croissance de la demande en électricité d’ici 2030. Un rythme 50 % plus élevé que celui observé lors de la dernière décennie.
La consommation électrique augmente désormais 2,5 fois plus vite que la demande énergétique totale, signalant une tendance vers l’électrification de nombreux secteurs. La consommation d’électricité des centres de données s’élèvera à 945 TWh dans le monde en 2030, soit une multiplication par 2 en l’espace de 6 ans, et l’équivalent d’un peu plus que la consommation totale d’électricité du Japon aujourd’hui. Dans le même temps, plus de 2 500 GW de projets d’énergies renouvelables, de forte charge et de stockage sont actuellement bloqués dans les files d’attente des réseaux à l’échelle mondiale. Un décalage croissant entre le temps nécessaire à la planification et à la construction de nouveaux réseaux (5 à 15 ans) et celui requis pour les projets de production ou les centres de données (1 à 3 ans).
Une pression inédite sur les réseaux électriques
Dans un contexte d’électrification accélérée de l’économie mondiale, les grands consommateurs d’électricité – notamment les centres de données, les infrastructures d’intelligence artificielle, d’hydrogène ou de mobilité électrique – se trouvent au cœur d’un triple défi : accéder au réseau électrique, intégrer des mécanismes de flexibilité et sécuriser le financement de leurs projets.
Cet observatoire international analyse les cadres réglementaires applicables et met en évidence des approches nationales contrastées en Chine, en Colombie, en Inde, en France, en Allemagne, aux Emirats Arabes Unis, au Royaume-Uni et au Sénégal. Si le droit d’accès au réseau est globalement reconnu dans les pays étudiés, il reste conditionné à des contraintes techniques, administratives et économiques. En pratique, l’accès n’est jamais automatique et peut s’accompagner de délais significatifs. « Cet observatoire montre que, face à la demande croissante d’électricité, le raccordement des grands consommateurs n’est plus une simple question technique, mais un réel enjeu stratégique de politique publique et de compétitivité économique », observent Sylvie Perrin, Béatrice Boisnier, Thierry Postif et Eléna Divry, avocats chez De Gaulle Fleurance. « La bancabilité des projets reste très liée à la stabilité du cadre réglementaire, à la prévisibilité des coûts et des délais de raccordement, ainsi qu’aux dispositifs de planification lorsqu’ils existent. Le levier de la flexibilité, dont l’objet est de réguler la consommation d’électricité, reste encore peu exploité, alors qu’il pourrait contribuer à mieux équilibrer l’offre et la demande. »
Focus sur la France : un cadre structuré, en cours d’adaptation – Sylvie Perrin, Béatrice Boisnier, Thierry Postif et Eléna Divry (De Gaulle Fleurance)
La France se distingue avec un cadre de raccordement particulièrement structuré pour les grands consommateurs, fondé sur une procédure claire, transparente et sécurisée, articulée autour d’outils contractuels robustes. La proposition technique et financière constitue un jalon déterminant, permettant de donner de la visibilité aux investisseurs et de renforcer la bancabilité des projets, dans un contexte où l’accès effectif à la puissance dépend aussi des études, des travaux de renforcement et des délais administratifs. Au-delà du cadre juridique, la France a mis en place des mécanismes innovants visant à anticiper les besoins. Les zones de mutualisation permettent de partager les coûts d’infrastructure et d’offrir une meilleure lisibilité économique ; elles traduisent une logique d’organisation en amont de l’accueil de nouvelles consommations, plutôt qu’un traitement purement au cas par cas. Plus récemment, le dispositif de “fast track HTB3” marque une avancée significative. Il permet d’orienter les projets les plus consommateurs vers des sites identifiés en amont, avec une puissance pré-réservée et un parcours de raccordement accéléré. Ces outils s’inscrivent dans une approche plus large, où la France cherche à organiser l’accueil des très fortes puissances, tout en renforçant les exigences de maturité et la discipline de la file d’attente afin de limiter l’effet des “projets fantômes”.
Retrouvez les commentaires sur les problématique réseaux en Chine, Colombie, Allemagne, Inde, Sénégal, Emirats arabes unis et Royaume-Uni sur le lien suivant.
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