Régionalisation de la PPE 3 : les territoires au rendez-vous de la transition énergétique, à l’État de concrétiser leurs ambitions

Les travaux menés dans les Comités régionaux de l’énergie (CRé) témoignent d’une mobilisation réelle des élus locaux et des territoires en faveur de la transition énergétique. Dans plusieurs régions, les propositions d’objectifs de développement des énergies renouvelables traduisent une ambition forte, parfois supérieure aux objectifs nationaux à l’horizon 2035. Comme une évidence !

 

Pour le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la dynamique des territoires en matière d’EnR constitue un signal encourageant. Les territoires sont conscients des potentiels importants dont ils disposent et sont prêts à contribuer pleinement à la mise en œuvre de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). Le Gouvernement doit désormais s’appuyer sur cette mobilisation pour traduire les ambitions exprimées en objectifs régionaux cohérents et en moyens d’action concrets.

 

Des territoires mobilisés, des ambitions à conforter

 

La régionalisation de la PPE 3 a permis d’engager un travail de concertation à l’échelle régionale autour des trajectoires de développement des énergies renouvelables. Les propositions issues des Comités régionaux de l’énergie (CRé) font apparaître des dynamiques positives. Par exemple, la somme des objectifs proposés par les Comités régionaux de l’énergie pour le solaire photovoltaïque dépasse les objectifs cibles de la PPE 3 de plus de 3 GW à 2030 et de 0,5 à près de 9 GW en 2035. Les territoires ont démontré leur volontarisme pour développer cette filière compétitive et indispensable à la décarbonation de notre mix énergétique. Ce volontarisme marqué vaut aussi pour l’éolien terrestre, pour l’hydroélectricité ou encore la géothermie profonde. Ces résultats témoignent de la volonté des territoires de se saisir des enjeux énergétiques et de construire des trajectoires adaptées à leurs ressources et à leurs perspectives de développement. Ils confirment l’importance d’une planification territoriale qui s’appuie sur les réalités locales, les projets identifiés et le dialogue entre les élus, les services de l’État, les gestionnaires de réseaux et les filières renouvelables. Ils démontrent enfin qu’à l’échelle locale, il est possible de dépasser les postures et les caricatures dont font trop régulièrement l’objet certaines filières renouvelables et qui desservent la qualité du débat public national.

 

A l’État maintenant de donner aux territoires les moyens de concrétiser leurs ambitions

 

Le SER appelle ainsi le Gouvernement à publier rapidement le décret de régionalisation et d’en faire un outil au service de la transition énergétique. Cela suppose de retenir des objectifs à la hauteur des potentiels régionaux, de garantir que leur cumul permette l’atteinte des objectifs nationaux, notamment pour le biométhane, et la géothermie, de préserver en Hauts-de-France les perspectives des projets éoliens, notamment la dynamique de repowering et de tenir compte des ambitions régionales dans le dimensionnement des capacités de raccordement nécessaires à la réalisation des projets. Cette démarche doit également s’accompagner d’une visibilité de long terme pour les acteurs, ainsi que d’une mobilisation des leviers d’action des pouvoirs publics, notamment pour soutenir les projets, accompagner le développement des infrastructures énergétiques et lever les contraintes qui brident certains potentiels de développement. La transition énergétique ne se décrète pas uniquement à l’échelle nationale : elle se concrétise dans les territoires. La régionalisation doit être une étape importante de la consolidation de cette stratégie nationale et de sa mise en œuvre et en aucun cas un facteur limitant. « Les travaux des Comités régionaux de l’énergie montrent que la transition énergétique se construit avant tout dans les territoires. Les ambitions exprimées dans plusieurs régions sont un signal positif : il existe une volonté d’agir et des potentiels à mobiliser. Il appartient désormais à l’État de donner toute sa portée à cette dynamique et de faire de la régionalisation un levier de réussite de la PPE 3 » confie Jules Nyssen, président du SER.

 

 

 

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