L’électrification par les énergies renouvelables, clé des besoins énergétiques mondiaux

Le World Energy Transition Outlook appelle à des réformes globales du système et fixe un agenda de mesures concrètes pour une énergie sûre, abordable et compétitive dès cette décennie. En figure de proue, les énergies renouvelables !

 

L’accélération de l’électrification alimentée par les énergies renouvelables doit être une absolue d’ici 2035. Une véritable transition énergétique exige de remplacer progressivement les systèmes fondés sur les combustibles fossiles, et non de simplement ajouter de nouvelles capacités de production à un mix énergétique inchangé. L’électrification à partir d’énergies renouvelables, combinée à des technologies plus efficaces et à des carburants durables, peut impulser ce changement en développant l’énergie propre, en débloquant des gains d’efficacité énergétique et en répondant à la hausse de la demande d’énergie.

 

Plus de 80 % de l’électricité serait ainsi fournie par le solaire et l’éolien d’ici le milieu du siècle

 

L’édition 2026 du rapport World Energy Transition, qui vient d’être publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), définit les réformes urgentes du système énergétique nécessaires pour réaligner la transition énergétique mondiale sur une trajectoire compatible avec l’objectif de 1,5 °C, à la suite du dépassement actuel des températures causé par les émissions de carbone. Bien que la progression des énergies renouvelables continue de battre des records en 2025, le renforcement des réseaux électriques ne suit pas le rythme et la demande énergétique globale poursuit sa forte hausse. De plus, les progrès en matière d’efficacité énergétique restent très en deçà du taux requis et ne permettent pas de compenser la demande croissante en électricité. Par conséquent, l’électrification et les énergies renouvelables doivent s’accélérer de manière spectaculaire. La capacité renouvelable installée dans le monde devrait passer de 5,2 térawatts (TW) aujourd’hui à environ 38,2 TW d’ici 2050, tandis que la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie devrait atteindre 35 % d’ici 2035 et plus de 50 % d’ici 2050. Plus de 80 % de l’électricité serait ainsi fournie par le solaire et l’éolien d’ici le milieu du siècle.

 

« Nous avons besoin de réformes pour bâtir l’infrastructure d’un nouveau système énergétique »

 

En outre, sans un développement à grande échelle de l’efficacité énergétique, des réseaux, du stockage et de la flexibilité des systèmes, ces piliers fondamentaux risquent de devenir des goulots d’étranglement pour la transition énergétique mondiale. « La transition énergétique mondiale est sous tension. La croissance record des énergies renouvelables ne suffit pas à elle seule : l’efficacité énergétique reste insuffisante, les réseaux peinent à suivre le rythme et la demande mondiale en énergie continue d’augmenter. Nous ne pouvons pas mener à bien cette transition en ajoutant simplement des capacités renouvelables à un système énergétique inchangé. Nous avons besoin de réformes pour bâtir l’infrastructure d’un nouveau système énergétique — un système électrifié, efficace, flexible et alimenté par des énergies renouvelables » précise Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA. « L’électrification, les réseaux, le stockage, la flexibilité et l’efficacité énergétique ne sont pas de simples éléments de soutien en marge de cette transformation ; ils en constituent la colonne vertébrale. La question centrale est de savoir à quelle vitesse nous pouvons déployer ces solutions ensemble, à l’échelle requise pour maintenir la transition alignée sur l’objectif de 1,5 °C tout en garantissant la sécurité énergétique, l’accessibilité financière, la compétitivité et une plus large acceptation sociale. »

 

« La qualité de la transition comptera tout autant que sa rapidité »

 

Le rapport WETO 2026 met également en avant un argument économique solide. Selon le scénario 1,5 °C de l’IRENA, l’économie mondiale connaîtrait une croissance annuelle supérieure de 1,1 % par rapport au scénario de référence, ce qui se traduirait par des gains cumulés d’environ 46 000 milliards de dollars US pour les sociétés d’ici 2050. Les emplois dans le secteur des énergies renouvelables pourraient plus que quintupler sur la même période, par rapport à un peu plus de 16 millions aujourd’hui. Par ailleurs, à mesure que les marchés émergents de l’électricité gagnent en compétitivité, une baisse des coûts de production pourrait réduire de 15 % les prix de l’électricité pour les utilisateurs finaux d’ici 2050. Cependant, la réalisation de cette transition nécessitera une augmentation significative des investissements. Bien qu’il s’agisse du principal moteur de ces bénéfices, l’investissement annuel cumulé devrait atteindre environ 10 300 milliards de dollars US entre 2026 et 2050, la majeure partie étant consacrée aux capacités de production renouvelables, aux réseaux, à la flexibilité et à l’électrification des usages finaux. « La qualité de la transition comptera tout autant que sa rapidité », a poursuivi Francesco La Camera. « Notre analyse montre qu’une décarbonation accélérée peut renforcer l’investissement, la productivité, l’emploi et le bien-être social. L’accessibilité financière, la protection sociale et un accès équitable aux opportunités économiques doivent être intégrés dès le départ dans la mise en œuvre afin de préserver l’adhésion du public et de s’assurer d’un large partage des retombées de la transition ».

 

Le renoncement aux combustibles fossiles peut soutenir le développement économique au lieu de le freiner

 

La tâche centrale des gouvernements consiste donc à gérer cette transformation de manière ordonnée, afin de préserver la fiabilité, l’accessibilité financière et la sécurité énergétique tout en accélérant le déploiement des alternatives propres. Le nouveau rapport établit un programme de mesures concrètes et identifie sept priorités d’action pour la décennie à venir : de la planification intégrée de l’énergie et des marchés aux feuilles de route adaptées à chaque pays, en passant par la modernisation des réseaux, le renforcement des stratégies industrielles et d’investissement, le déploiement des politiques sociales et environnementales pour maximiser les retombées, et l’approfondissement de la coopération internationale. Les décideurs politiques ont la responsabilité cruciale de guider cette transition. S’il est bien géré, le renoncement aux combustibles fossiles peut soutenir le développement économique au lieu de le freiner, en renforçant la compétitivité, la résilience, la santé publique et la prospérité à long terme.

www.irena.org/Publications/2026/Oct/World-Energy-Transitions-Outlook-2026

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