Alors que le pape Leon XIV prépare sa venue en France, le Vatican accélère sa solarisation voulue son prédécesseur le pape François. Le micro Etat investit en effet une centaine de 100 millions d’euros dans la construction d’une installation agrivoltaïque de 90 MW sur son terrain de Santa Maria di Galeria. Objectif : assurer son autosuffisance énergétique et lutter contre le réchauffement climatique.
Le projet de centrale photovoltaïque pour alimenter le Vatican en énergie propre ne date pas d’hier. Suite à la très écolo encyclique « Laudato si’ » qui alertait sur le réchauffement climatique « dont l’une des causes principales est l’utilisation envahissante des combustibles fossiles », et les nombreuses initiatives qui en ont découlé, le Pape François avait souhaité une nouvelle application concrète de la nécessité de prendre soin de la planète. Par une lettre apostolique sous forme de Motu proprio intitulé « Frère Soleil », le Saint-Père a ainsi ordonné le 21 juin 2024, jour du solstice d’été, la création d’une installation agrivoltaïque sur le terrain de Santa Marie di Galeria, dans le nord de Rome. Cette installation permettra de fournir « l’alimentation électrique de la station de radio d’ondes courtes pour la diffusion de Radio Vatican qui s’y trouve, mais aussi l’entière subsistance énergétique de l’État de la Cité du Vatican » a écrit François dans ce Motu proprio. Le surplus sera injecté dans le réseau italien.
« L’énergie solaire joue un rôle clé »
L’heure est à présent à la réalisation de la centrale photovoltaïque sous la férule de Léon XIV aligné sur son prédécesseur en matière de protection de la planète. Le nouveau pape a ainsi créé il y a quelques mois la fondation “Fratello Sole”, chargée de concrétiser le projet. Le Vatican a également signé un partenariat avec le groupe énergétique italien ACEA afin d’avancer sur la conception et la construction du parc solaire. Installée sur un site agricole de 440 hectares soit dix fois la superficie du Vatican, à 18 kilomètres de Rome, la centrale agrivoltaïque dont l’emprise foncière devrait tourner autour des 200 hectares, affichera une puissance de 90 MW. Elle sera dotée de trackers afin d’optimiser le maintien de cultures et d’activités agricoles sous les structures. “Il faut passer à un modèle de développement durable qui réduise les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, avec pour objectif la neutralité climatique. L’humanité dispose de moyens technologiques pour faire face à cette transformation environnementale et à ses conséquences éthiques, sociales, économiques et politiques pernicieuses, et parmi ceux-ci, l’énergie solaire joue un rôle clé” confie le Saint-Père.
« Le solaire, une réponse adéquate aux défis posés à notre maison commune par le changement climatique »
Pour l’heure, le chantier doit encore passer par les fourches caudines de procédures administratives et de permis nécessaires et dépend d’appels d’offres qui seront annoncés dans les prochaines semaines. La loi italienne de ratification a cependant précisé que l’opération n’entraînera aucune dépense supplémentaire pour les finances publiques italiennes. Autant dire que ce n’est désormais qu’une question de temps. Il est à rappeler que le Vatican n’est pas novice en matière d’énergie solaire. Il a même été précurseur. En 2008, le toit de la salle Paul-VI avait été couverte de 2 400 panneaux solaires SolarWorld pour fournir l’électricité de la salle qui accueille les audiences générales du Pape. Depuis une vingtaine d’année, le Vatican s’attache à « contribuer aux efforts de tous les États pour apporter, selon leurs responsabilités et capacités respectives, une réponse adéquate aux défis posés à l’humanité et à notre maison commune par le changement climatique ». Et si Léon XIV se faisait apôtre du solaire lors de sa visite en France…

