Chaque semaine, les experts du cabinet français de conseil en énergie OMNEGY décryptent l’évolution des prix du marché de l’énergie. Trois marchés, trois directions cette semaine :
- le pétrole est très volatile (+8%, Brent à 126 $ en séance jeudi) porté par l’escalade diplomatique ;
- le gaz reste quasi stable (+2,9% sur le M+1) grâce à une injection record des stocks,
- et l’électricité décroche de 23% sur le contrat de juin, écrasée par le solaire et la douceur printanière.
Cette déconnexion inédite entre les commodités résume la tension entre géopolitique et fondamentaux estivaux…
La production solaire bat des records sur l’Europe du Sud
Les prix de l’électricité chutent à 22,97 €/MWh (vs 29,84), un recul de 23% en cinq séances. Les prix de 2027 reculent à 53,44 €/MWh (vs 54,90) et ceux de 2028 restent stables à 51,04 €/MWh. L’électricité prend la direction opposée au pétrole, avec une baisse qui s’accélère jour après jour sur le contrat de juin. Les fondamentaux estivaux sont exceptionnellement favorables. La production solaire bat des records sur l’Europe du Sud, les températures bien au-dessus des normales (+3,4°C) compriment la demande, et la disponibilité nucléaire reste solide à 46,3 GW. Ces conditions créent des prix spot très bas qui se répercutent sur le contrat mensuel. Les prix de 2027 résistent mieux, soutenus par l’incertitude géopolitique, mais la tendance reste baissière. À 53,44 €/MWh, il se rapproche de la zone des 50 €/MWh testée mi-avril.

