Elisabeth Borne : et l’ancienne ministre de la transition écologique et solidaire de devenir première ministre

Tout commence par une anecdote. Porteuse de sens. Une anecdote qui montre qu’Elisabeth Borne, la nouvelle première ministre est une technicienne, une femme de dossier. Vendredi 18 octobre 2019, Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire, inaugurait la plus puissante centrale solaire flottante d’Europe du côté de Piolenc dans le Vaucluse avec les dirigeants d’Akuo. “Il s’agit d’un projet exceptionnel, qui, avec ses 47 000 panneaux, mérite tous les superlatifs. Cette inauguration n’est pas seulement un événement pour Piolenc et le Vaucluse, mais une fierté nationale et européenne. O’MEGA1 représente l’un des plus beaux exemples de ce que la transition écologique a de meilleur, incarnant l’ambition que nous avons pour le développement des énergies renouvelables. Le projet témoigne d’une transition écologique engagée, positive, associant les citoyens et les territoires” avait-elle déclaré.

Présent pour l’événement André Joffre, président du pôle de compétitivité DERBI et fondateur du bureau d’études Tecsol, s’était entretenu à cette occasion avec la ministre sur les délais de publication de l’arrêté concernant l’autoconsommation collective. Il avait ainsi prôné l’urgence d’une publication en l’état de l’arrêté pour enfin débloquer la réalisation des nombreux projets en attente, sur fond de pratiques dilatoires. Ce à quoi, la ministre avait répondu qu’elle allait être très attentive à la chose et en référer dans les plus brefs délais à son cabinet. Ce qui fut fait assez rapidement, il faut le dire !

Lors de la passation de pouvoir avec Jean Castex, le lundi 16 mai dernier, Elisabeth Borne n’a pas manqué de rappeler que les filières industrielles  de la Transition énergétique pouvaient être rassurées quant à son implication sur le sujet. « Vous pouvez compter sur moi pour suivre dans cette voie face aux défis qui sont devant nous. Je pense notamment à la situation internationale mais aussi au défi climatique et écologique sur lequel il faut agir plus vite et plus fort. Et je suis convaincu que nous pourrons le faire en associant encore davantage les forces vives de nos territoires, parce que c’est bien au plus près des Français que l’on trouvera les bonnes réponses. Et c’est bien aussi tout le sens de la nouvelle méthode voulue par le président de la République ».
Durant ses quelques mois passés au ministère de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne avait préparé le plan de relance alliant relance économique et transition écologique. Elle avait seriné un message simple et limpide. Pour cette politicienne souvent affublée du qualificatif de rigide « la transition écologique représente une opportunité pour les entreprises. C’est la meilleure stratégie d’attractivité et de croissance pour créer de nouvelles activités, de l’emploi et de la richesse. Cette relance durable c’est tout simplement le choix le plus rationnel pour faire face aux épreuves de présent tout en préparant l’avenir. C’est aussi la trajectoire qu’attendent les Français, aussi bien sur le plan économique que sociétal. Et, j’en suis convaincue, c’est ce que souhaitent également les entreprises. Les perspectives sont vastes, créons les conditions pour qu’elles profitent à tous ». Incontestablement, la nouvelle Première ministre, fidèle d’Emmanuel Macron, a su se montrer volontaire en matière de développement des énergies renouvelables. Reste à transformer l’essai en tant que cheffe du gouvernement…
Encadré
Élisabeth Borne, 61 ans, en quelques dates

Élisabeth Borne est diplômée de l’École polytechnique (promotion 1981) et sort ingénieure de l’École nationale des ponts et chaussées en 1986.
Proche du Parti socialiste, elle commence sa carrière en 1987, quand elle intègre le ministère de l’Équipement, avant de rejoindre la direction régionale de l’Équipement d’Île-de-France en 1989. Au début des années 1990, elle devient conseillère au ministère de l’Éducation nationale auprès de Lionel Jospin puis de Jack Lang.
Elle est nommée préfète de la région Poitou-Charentes de 2013 à 2014, avant de devenir directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie de 2014 à 2015. De 2015 à 2017, elle occupe les fonctions de présidente de la RATP.
Nommée ministre des Transports dans le premier gouvernement d’Édouard Philippe, elle prend en juillet 2019 le portefeuille de la Transition écologique et solidaire, en remplacement de François de Rugy, démissionnaire. L’année suivante en 2020, à l’arrivée de Jean Castex à Matignon, elle devient ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion.

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