Pour les professionnels du solaire, la parole de l’Etat, celle qui est garante d’ordre établi et de continuité démocratique, n’est plus sanctuarisée depuis quelque temps déjà . En cause, l’obsession permanente et la volonté compulsive du gouvernement d’imposer sans cesse la révision du tarif d’achat de l’électricité solaire, jugé par trop excessif et apparenté à une rente indue. Bercy en a même fait un fil rouge névrotique, une marotte obnubilée de sa politique budgétaire.
Ce n’est un secret pour personne, le premier ministre Sébastien Lecornu tanne Bercy pour trouver des économies tous azimuts pour boucler son budget 2027. Une idée ? Tiens ! Et si on réduisait encore les tarifs d’achat des « rentiers » du solaire. Une antienne facile mais aussi une tautologie teintée d’aversion actée par les fonctionnaires de Bercy. La rémunération de certains anciens contrats photovoltaïques, jugés très lucratifs, a maintes fois été mise en cause, et depuis des années. Avec effet rétroactif pour enfoncer le clou… Récemment, le tarif d’achat des petites et moyennes installations solaires du segment S21 a été réduit comme peau de chagrin. Et voilà maintenant que le ministère des Finances voudrait s’attaquer au tarif de quelques milliers d’installations entre 300 kWc 500 kWc pour quelques petites dizaines de millions d’euros d’économies. Et ça continue encore et encore…
A ce niveau, on peut parler d’une forme de harcèlement. En droit français, le harcèlement se définit comme des propos ou des comportements répétés qui ont pour objet ou pour effet de dégrader les conditions de vie ou de travail d’une personne, et de porter atteinte à ses droits, à sa dignité ou à sa santé. Il en est ainsi de la filière solaire qui connaît à l’heure actuelle des spasmes économiques et sociaux plutôt souffreteux et valétudinaires. Et les technocrates de Bercy de tirer encore sur l’ambulance, eux qui sont volontiers tournés vers l’atome et que l’on a si peu entendu lorsque le coût du chantier de Flamanville passait de 3.3 milliards d’euro à son lancement jusqu’à 23.7 milliards aujourd’hui. Les notions d’économies sont souvent sélectives et subjectives…
Et que dire du rôle joué par les centrales solaires lors des périodes de crise énergétique avec un reversement massif de la part des producteurs d’énergie solaire qui rapporté des milliards d’euros dans les caisses de l’Etat et gros contributeur du chèque énergie. Un reversement qui a permis également de limiter les importations des très coûteuses énergies fossiles, soulageant par la même la balance commerciale française. On en parle ! Sans compter les effets sur les externalités négatives dues au réchauffement climatique. Mais quelle mouche a donc piqué à nouveau Bercy pour remettre une pièce dans la machine à persécution des acteurs français de l’énergie solaire ? Ces professionnels aguerris, parmi les meilleurs du monde, vont finir par croire qu’ils sont les moutons noirs de la politique énergétique hexagonale. En tous les cas pour ce qui est de donner confiance aux investisseurs dans les renouvelables en France, on repassera ! S’il vous plaît STOP AU HARCELEMENT pour une énergie solaire enfin libérée des vitupérations de ces contempteurs…

