TSE publie les résultats 2026 du suivi agronomique de trois sites solarisés. Bilan !
1.Sous l’ombrière de culture de Chadeleuf, dans le Puy-de-Dôme, une qualité meilleure
Après une année d’exploitation menée par Hervé Malgat (agriculteur), la sous l’ombrière de culture de Chadeleuf, dans le Puy-de-Dôme a été réalisée par Antédis et le suivi agronomique par la Chambre d’agriculture du Puy-de Dôme et le CETA de Limagne pour avaliser les résultats et disposer de résultats non contestables. Ce site de grandes cultures a accueilli cette année de l’orge d’hiver fourragère, moissonnée fin juin. Dans un contexte marqué par des températures particulièrement élevées dès le mois de mai, ces résultats mettent en évidence l’effet protecteur de l’agrivoltaïsme. Ils montrent aussi la capacité du pilotage agronomique à préserver le rendement et la qualité de la récolte.
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Un rendement annuel similaire à la zone témoin, une qualité meilleure
Le site de Chadeleuf permet de comparer les résultats obtenus avec ceux d’une zone témoin sans panneaux solaires. Le pilotage alterne des phases de production solaire et des phases de pilotage agronomique selon deux méthodologies. La première, avec un pilotage à quelques moments clefs du développement de la plante (pilotage « Engagé » selon la nomenclature Palier de l’ADEME) et la seconde avec une alternance plus importante entre pilotage solaire et agronomique (pilotage « Robuste » selon la nomenclature Palier de l’ADEME). Avec ce pilotage Robuste, le rendement de la parcelle atteint 96% de celui observé dans la zone témoin. Mieux encore, grâce à la baisse du stress thermique sous l’ombrière, la qualité du grain s’est améliorée +3% du poids spécifique par rapport à la zone témoin.
Si l’on retient un pilotage Engagé, le rendement de la parcelle atteint 90% de la zone témoin avec une qualité meilleure du grain. Dans tous les cas de figure, les exigences du décret du 8 avril 2024 relatif au développement de l’agrivoltaïsme sont tenues. « Ces résultats montrent que l’agrivoltaïsme peut remplir son rôle : partager la lumière entre la production agricole et la production d’électricité, y compris dans un contexte de stress hydrique important. L’expérimentation menée à Chadeleuf confirme qu’un pilotage précis et méthodique permet d’obtenir un résultat optimal tant sur la production photovoltaïque que sur la culture ; il faut poursuivre pour encore optimiser ces résultats, et c’est bien l’objet du programme d’expérimentation dans lequel TSE investit » explique Frédéric Imbert, directeur R&D agronomie de TSE.
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L’ombrière ne fait pas que de l’ombre : elle amortit les extrêmes
Le pilotage contribue à réguler les conditions agroclimatiques de la parcelle et à améliorer le bilan hydrique. Sur l’ensemble de la saison, l’évapotranspiration a diminué de 20 % permettant une meilleure gestion de l’eau.
L’effet protecteur est plus marqué pendant les épisodes de forte chaleur et la température de l’air au niveau des cultures a diminué de 4,1 °C au plus chaud de la journée. L’évapotranspiration a été réduite de 2,15 mm par jour pendant ces épisodes.
À l’inverse, les nuits les plus froides sont jusqu’à 3 °C plus chaudes, réduisant ainsi l’amplitude thermique journalière d’environ 1,5 °C en moyenne sur l’année sous la canopée agricole de Brouchy (2025 et 2026). On observe aussi des effets semblables sous l’ombrière de Chadeleuf en 2026.
« Je suis très satisfait de cette première année, tant au niveau de la coactivité que des résultats et des relations avec l’entreprise TSE. Au vu des résultats de la première année, l’agrivoltaïsme semble être une solution d’avenir » déclare Hervé Malgat, exploitant agricole à Chadeleuf.
Des résultats mesurés et comparés aux références locales
Le site de Chadeleuf est équipé de 18 capteurs de rayonnement, de 14 stations météorologiques et de 14 sondes mesurant la température et l’humidité du sol. La récolte a été réalisée par Antédis avec une moissonneuse-batteuse d’expérimentation. Les résultats ont aussi été mis en perspective avec les références locales de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et du CETA de Limagne. Le poids spécifique est significativement supérieur au témoin sous ombrière, et au-dessus de la moyenne du bassin auvergnat.
Données à retenir pour le site démonstrateur agrivoltaïque de Chadeleuf : un rendement équivalent à la zone témoin, une meilleure qualité de grain
- 96 % du rendement de la zone témoin (Entre -4 et -10% de rendement selon le niveau de pilotage utilisé)
- Amélioration de la qualité de l’orge avec +3% du poids spécifique du grain
- -20% d’évapotranspiration sur toute la saison
- -4,1°C au plus chaud de la journée et -2,15mm/j d’évapotranspiration pendant les canicules
- Electricité verte fournie sur le démonstrateur de 0.76ha : 364MWh/an soit la consommation annuelle de 160 foyers
2.À Souleuvre-en-Bocage, des bovins plus longtemps au pâturage
Sous la canopée de Souleuvre-en-Bocage (Calvados), en 2026, à partir du mois de juillet, la prairie témoin s’est avérée complètement improductive et desséchée, alors que celle protégée par la canopée agricole continuait à produire en restant encore verte fin août. Dès les premières canicules en mai, les vaches montraient des signes de stress sur la zone témoin, tandis qu’elles restaient calmement allongées sous la canopée agricole. Lors des fortes chaleurs, les vaches situées dans la zone témoin, sans ombre, regagnent le bâtiment dès 9h30. Celles qui bénéficient de l’ombre de la canopée restent au pâturage jusqu’à l’heure habituelle de retour (12h). Yoann Bizet, exploitant agricole témoigne : « nous nous sommes aperçus que passés 20 degrés, le troupeau témoin attend directement à la barrière pour rentrer dans le bâtiment contrairement au troupeau sous l’ombrière, qui lui souffre bien moins de la température ».
Pour rappel, le fourrage récolté sous la canopée agricole de Souleuvre-en-Bocage en 2025 a présenté une très bonne qualité nutritionnelle globale, avec une teneur en protéines supérieure de 15 à 47% à celle du témoin (écart variable selon la saison). Les résultats définitifs concernant le fourrage 2026 seront publiés comme chaque année en octobre. Mathieu Debonnet, président de TSE, analyse : « Les résultats de suivi agronomique de nos démonstrateurs agrivoltaïques sont excellents. Ils sont le fruit d’investissement important en R&D technologique et agronomique et de la qualité du travail des agriculteurs avec nos équipes. L’agrivoltaïsme de TSE, ça marche ! Plus loin, je voudrais également souligner que nous nous sommes alignés, avec succès, sur les objectifs de la loi APER répondant ainsi aux exigences de l’Etat et aux besoins du monde agricole ».
3.Sous la canopée agrivoltaïque d’Amance (70), un rendement en matière sèche supérieur de 19,6 %
Sous la canopée agrivoltaïque d’Amance (70), un maïs ensilage a été implanté le 25 avril 2026. Cette culture s’est révélée particulièrement exposée aux stress climatiques d’un printemps et d’un été 2026 marqués par une sécheresse et des chaleurs historiques : un mois d’avril sans précipitation, coïncidant avec la levée du maïs, suivi d’une période chaude et sèche durant la fin de l’élongation et durant la floraison — stade particulièrement sensible de la culture — avec des températures dépassant 35°C en zone extérieure. Dans ce contexte, la canopée a exercé l’effet protecteur attendu. Celui-ci s’est notamment traduit au niveau des épis, où des problèmes de stérilité sont apparus, principalement sur la zone témoin, bien que quelques symptômes similaires aient également été observés sous canopée. Cet effet protecteur se retrouve aussi au niveau de la hauteur totale de la culture, en moyenne 40 cm plus élevée sous la canopée que sur le témoin (200 cm contre 160 cm). Ces écarts se traduisent finalement par un rendement en matière sèche supérieur de 19,6 % sous la canopée par rapport au témoin. Si la récolte sous canopée a elle aussi été affectée par cet épisode de chaleur exceptionnelle, l’agrivoltaïsme a permis d’en atténuer les effets et de sécuriser une récolte de fourrage. Les analyses qualité, reçues récemment, sont encore en cours de traitement.
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