En 2025, chaque ménage français a versé l’équivalent de 450 euros aux États-Unis et à la Russie pour ses besoins en chauffage et en transport. Ils se décomposent en 208 euros pour le gaz naturel liquéfié (GNL) américain, 152 euros pour le pétrole brut américain et 92 euros pour le GNL russe. Ce chiffre, publié le 9 septembre par Strategic Perspectives, montre l’ampleur et l’impact de la dépendance de la France aux énergies fossiles importées.
Le Réseau Action Climat participe avec d’autres associations et expertes et experts une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux pour alerter sur le poids de nos factures énergétiques qui financent directement des régimes menaçants pour la France et rognent fortement sur le pouvoir d’achat des ménages et les capacités des entreprises.
“Se libérer des énergies fossiles est un combat pour l’écologie, le pouvoir d’achat, mais aussi pour la souveraineté énergétique et la résilience.”
En France, moins d’un tiers de notre électricité et du quart de toute notre énergie sont issus d’énergies renouvelables mobilisant des ressources locales et propres. Le reste dépend d’énergies importées. En particulier, le gaz et le pétrole représentent près de 60% de l’énergie que la France utilise. La Russie de Vladimir Poutine, encore engagée dans une guerre aux portes de l’Europe, continue à fournir une part significative du gaz utilisé en France, sous forme liquéfiée (GNL), et reçoit l’équivalent d’un chèque de 92€ de chaque ménage français. Les Etats-Unis de Donald Trump fournissent également une part croissante du pétrole, et a fortiori du gaz nécessaire à la France. Ils reçoivent l’équivalent d’un chèque de 152€ pour le pétrole, et 208€ pour le gaz de chaque ménage français. Ils mobilisent notre dépendance énergétique pour nous imposer leur volonté : affaiblissement du règlement méthane, des régulations sur les services digitaux, ou encore utilisation de nos réserves stratégiques. Pour Bastien Cuq, responsable Energie du Réseau Action Climat, “se libérer des énergies fossiles est un combat pour l’écologie, le pouvoir d’achat, mais aussi pour la souveraineté énergétique et la résilience.”
Remplacer rapidement des énergies importées par des énergies renouvelables, seules à reposer sur des ressources locales et propres
Le Réseau Action Climat a démontré dans son rapport “La Souveraineté Énergétique à l’Épreuve des Faits” que la voie la plus efficace pour sortir rapidement et durablement des dépendances énergétiques repose sur deux piliers. D’abord, la réduction de nos besoins en énergie, en biens, et en matière, en organisant l’accès de tous à des biens et des modes de vie moins consommateurs, et en encadrant les usages exubérants de l’énergie. Cela passe par la rénovation des logements, le développement du train du quotidien, des transports en commun, etc… Ensuite, le remplacement rapide des énergies importées par des énergies renouvelables, seules à reposer sur des ressources locales et propres. Un développement complémentaire de l’éolien, du photovoltaïque, des solutions de flexibilité et de l’électrification des voitures, des industries et du chauffage, réduit radicalement nos vulnérabilités.

