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Cette semaine, le conflit autour d’Ormuz a changé d’échelle : pétroliers iraniens détruits, navires visés dans le Golfe, et un second front ouvert en mer Rouge avec la prise de Bab el-Mandeb par les Houthis. Le brut a dépassé 107 $ le baril, le gaz européen a franchi 80 €/MWh pour la première fois depuis 2023, et l’électricité a suivi sur toutes les échéances. Macroéconomie & Géopolitique de l’énergie !
Samedi 5 septembre, les États-Unis frappaient trois pétroliers iraniens ; lundi 07 septembre, Téhéran annonçait des discussions avec Oman sur Ormuz en « phase finale ». L’escalade s’est jouée mardi et mercredi. Après deux tirs de missiles balistiques contre un destroyer américain, le CENTCOM a détruit cinq pétroliers liés aux Gardiens de la Révolution, dans le golfe d’Oman et près de l’île de Kharg. L’Iran a répliqué en visant une dizaine de navires près d’Ormuz et en sommant les équipages des ports du Koweït et de Bahreïn d’abandonner leurs navires. Le front s’est ensuite dédoublé. Lundi, les Houthis frappaient l’Arabie saoudite, dont la raffinerie de Jizan pour la seconde fois en un mois. Jeudi, ils prenaient Moka et l’île de Mayun, au cÅ“ur de Bab el-Mandeb : c’est la sortie du brut saoudien depuis Yanbu, où Riyad avait redirigé ses exportations en portant son oléoduc Est-Ouest de 5 à 7 millions de barils/jour. Les deux routes de sortie du Golfe sont sous menace ; le Brent a bondi de 6,3% ce jour-là .
L’énergie dicte le tempo des banques centrales
La BCE a relevé ses taux de 25 points de base jeudi, à l’unanimité : inflation de la zone euro à 3,3% en août contre 2,9% en juillet, énergie à 14,3%. Aux États-Unis, l’inflation tient à 3,4% sur un an, l’essence pesant pour un tiers de la hausse mensuelle, et les marchés donnent 85% de probabilité à une hausse de la Fed la semaine prochaine. L’euro est resté stable à 1,160 dollar : pas d’effet de change cette semaine. Reste que les marchés européens de l’énergie viennent de franchir plusieurs seuils d’alerte. En quelques jours, la hausse des prix du gaz s’est brutalement transmise à l’électricité française, faisant ressurgir le risque d’un nouveau choc énergétique pour les entreprises à l’approche de l’hiver.
Électricité : +13,1 % sur les prix de 2027 et +11,3% sur les prix d’octobre 2026
L’électricité d’octobre est passée de 130,19 à 144,94 €/MWh. Contrairement à la fin août, où seule l’échéance courte bougeait, la hausse gagne cette fois toute la courbe : 89,54 €/MWh pour 2027, 63,35 €/MWh pour 2028 (+12,9%). L’électricité a même progressé un peu plus vite que le gaz sur 2027. Ce n’est plus la météo qui tire les prix vers le haut : les températures sont revenues à la normale (18,3°C contre une normale de 18,4°C), après une semaine à +4,6°C. La disponibilité nucléaire reste en revanche basse, à 38,4 GW contre 38,7 GW, soit environ 61% d’un parc de 63 GW. Avec un nucléaire dégradé, le prix de l’heure se cale plus souvent sur les centrales à gaz, dont le combustible a renchéri de 11% : davantage d’heures se paient au prix fort, et sur toutes les échéances puisque c’est le gaz 2027 et 2028 qui monte. Les interconnexions avec l’Allemagne et l’Italie, aux mix plus fossiles, tirent dans le même sens. C’est au-delà de 2028 que la semaine se distingue. Le calendaire 2029 gagne 9,4% à 58,60 €/MWh et le 2030 6,1% à 59,49 €/MWh. Il y a une semaine, ces mêmes échéances ne prenaient que 2,5% et 0,5% : le mouvement s’arrêtait à l’horizon de la contrainte identifiée. Le marché intègre désormais dans ses prix une crise qui dure, qui s’étend à de nouvelles infrastructures, et dont l’issue ne se laisse plus rattacher à une date. Le gaz est au cÅ“ur de cette nouvelle flambée. Le TTF Month-Ahead européen a dépassé les 80 €/MWh et atteint 83,06 €/MWh jeudi, son plus haut niveau depuis décembre 2022. Cette accélération intervient alors que l’Europe aborde l’automne dans une situation particulièrement vulnérable : les stocks européens de gaz ne sont remplis qu’à  67,6 %, leur niveau le plus faible à cette période depuis le début des relevés en 2011. Dans le même temps, les tensions géopolitiques continuent de peser sur les approvisionnements.
Pourquoi la situation devient-elle urgente pour les entreprises françaises ?
Parce que la hausse du gaz se transmet désormais directement au prix de l’électricité. La disponibilité réduite du parc nucléaire français limite actuellement sa capacité à jouer son rôle d’amortisseur : lorsque le nucléaire ne suffit plus à couvrir les besoins, les centrales à gaz contribuent à fixer le prix marginal de l’électricité. Le risque dépasse donc largement le seul secteur énergétique. Pour les entreprises fortement consommatrices, cette remontée brutale peut rapidement peser sur les coûts de production, les marges et les décisions d’investissement. La demande de gaz recule d’ailleurs déjà dans plusieurs secteurs industriels français, notamment le papier-carton, l’automobile et le verre. Pour contrer cette volatilité dirimante à une gestion apaisée des entreprises, l’autoconsommation solaire permet de fixer le prix de l’électricité pour 20 ans sur une grande part des consommations. Vraisemblablement, la solution la plus rapide à installer pour éviter une crise énergétique !

