Reportage/En soufflant le chaud, Thermasol dope le rendement des panneaux photovoltaïques

La société Thermasol a été créée il y a un peu plus de deux ans et demi autour d’un constat simple : un panneau photovoltaïque convertit moins de 25 % du rayonnement en électricité ; le reste part en chaleur et doit être valorisé via la technologie PVT. Et Thermasol de travailler sur cette récupération de chaleur afin de la mettre à profit des exploitations agricole ou forestière qui affichent des besoins quotidiens de chaleur. Pour sécher du bois, du foin, des céréales, des plantes, chauffer des bâtiments etc.

Dans leurs locaux de Pantin au sein de l’écosystème Paris Eco Environnement, les équipes de Thermasol ont, ces deux dernières années, développé des solutions technologiques pour valoriser la chaleur issue de l’exposition des modules photovoltaïques au rayonnement solaire. La technologie Thermasol Air System protégée par deux brevets déposés émane de ces travaux de recherche. « Les panneaux hybrides PVT air que l’on conçoit répondent à cette équation : un même module produit l’électricité et récupère la chaleur en sous-face. Un module de dernière génération délivre environ 550 Wc électriques et près de 1,4 kW thermiques, soit plus de 2 kW cumulés par panneau. Avec notre technologie, c’est l’air qui est le fluide caloporteur » explique l’équipe technique de Thermasol.

Le rendement global atteint 73% pour un module Thermasol Air System

Les panneaux PVT commercialisés par Thermasol sont certifiés Solar Keymark. La certification établit avec précision le pourcentage de récupération de chaleur à 51%. Soit avec un module à 22% de rendement photovoltaïque, le rendement global atteint 73% pour une perte ramenée à 27%. « Nous récupérons en gros trois fois plus d’énergie suivant les conditions extérieures s’entend. De quoi limiter l’empreinte carbone de nos modules et le coût du transport au vu de la production renouvelable générée par panneau et la réduction des émissions induites » poursuit l’équipe technique. Conçus et designés en France, les modules sont fabriqués en Chine près de Shangai chez un OEM (Original Equipment Manufacturer) suivant le cahier des charges Thermasol. « L’air circule en sous-face de chaque module solaire. De panneau en panneau, connectés entre eux, cet air chaud est aspiré par un ou plusieurs ventilateurs dimensionnés à l’échelle du champ, puis refoulé vers une chambre de compression et envoyé vers des séchoirs multi-matières pour répondre aux besoins de la filière bois et agriculture » détaille-t-on chez Thermasol. Un système ingénieux qui a donc trouvé ses débouchés commerciaux dans le monde de l’élevage et l’écosytème sylvicole. En 2026, près de 100 000 panneaux dont la puissance est comprise entre 450 et 630 Wc devraient sortir des lignes de l’usine chinoise.

« Thermasol est un acteur efficace de la décarbonation de cette activité du séchage du bois »

Les séchoirs développés par Thermasol Air Systems sont 100 % autonomes en énergie : ventilation et régulation sont alimentées par les panneaux hybrides eux-mêmes. Pour une installation de 100 kWc et 250 kW de chaleur, la puissance des ventilateurs est de l’ordre de 20 kW. Les séchoirs permettent ainsi d’augmenter le taux d’autoconsommation de la partie photovoltaïque autour d’une synergie intelligente. « Pour l’heure, la cible commerciale de Thermasol est clairement identifiée avec un focus sur les milieux forestiers et en France pour l’instant. Le séchage du bois illustre le basculement. Là où un séchage naturel demande 18 à 24 mois, le séchage solaire ramène le bois sous 20 % d’humidité en quelques semaines, sans brûler de bois pour sécher du bois, et sans gaz ni fioul. Nous sommes un acteur efficace de la décarbonation de cette activité » analyse Laurent Bensaïd, directeur commercial centre-est de Thermasol. Et l’intérêt financier est également au rendez-vous pour les professionnels du bois via un Certificat d’Economie d’Energie. « Ce sujet du séchage du bois via les renouvelables est d’autant plus d’actualité que la fiche CEE AGRI-EQ-110 permet aux exploitants de faire financer une part significative d’un séchoir solaire, à condition que le système respecte des critères techniques précis. Un CEE particulièrement vertueux ! » ajoute Laurent Bensaïd. Les équipes commerciales prospectent également le secteur agricole autour d’activités de séchage du foin, des céréales, des châtaignes ou des plantes. « La prochaine étape nous conduira rapidement dans les secteurs du logement, du tertiaire ou de l’industrie pour chauffer des bâtiments. Dans une logique d’optimisation de l’autoconsommation au plus près des consommations, autant sur le plan de l’électricité que des calories » conclut Laurent Bensaïd.     

 

 

Cet article est publié dans Actualités. Ajouter aux favoris.

Les commentaires sont fermés