Solaire flottant : le projet de 35MWc de Matignicourt entre en phase de construction

Le projet solaire flottant de Matignicourt, dans la Marne, entre en phase de construction. Développé par Neoen, le projet affiche une puissance totale de 35 MWc, dont 28 MWc de solaire flottant installés sur un ancien lac de carrière dont l’exploitation est aujourd’hui terminée.

 

Pour sa réalisation, Neoen s’appuie sur un groupement EPC composé d’Equans, mandataire, et de Ciel & Terre pour la centrale solaire flottante. Dans ce projet, Ciel & Terre prend en charge la conception de la centrale flottante et de son système d’ancrage, ainsi que l’installation des ancres, l’assemblage des flotteurs et des panneaux photovoltaïques et l’installation des îlots sur le lac.

 

Un nouveau projet de grande puissance pour le solaire flottant français

 

Le projet est situé dans la même région que Les Îlots Blandin, centrale solaire flottante de 72 MWc, actuellement le plus grand projet solaire flottant d’Europe. Il s’inscrit ainsi dans un territoire particulièrement dynamique pour le développement de grandes centrales photovoltaïques flottantes sur des plans d’eau issus d’activités industrielles. Avec 28 MWc, Matignicourt vient renforcer le développement de projets solaires flottants de grande taille en France. Le choix d’un ancien lac de carrière permet de mobiliser une surface en eau existante pour produire de l’électricité renouvelable, sans créer de nouvelle emprise foncière au sol. Pour Ciel & Terre, le projet s’inscrit dans une trajectoire de développement du solaire flottant à grande échelle, avec une attention particulière portée à la fiabilité des systèmes, à l’adaptation au site et à l’intégration des contraintes environnementales dès la phase de conception.

« Chaque projet flottant impose de trouver un équilibre entre puissance installée, contraintes du site, exigences environnementales et performance à long terme. », explique Vincent Pinchou, responsable projet, Ciel & Terre EMEA.

 

Une conception adaptée aux contraintes environnementales du site

La conception de la centrale de Matignicourt a été réalisée en intégrant dès l’amont les contraintes environnementales propres au site. L’un des principaux enjeux consistait à maximiser la puissance installée tout en respectant une distance définie entre les berges et les îlots flottants. Le positionnement et le dimensionnement des îlots ont donc été optimisés afin de trouver le meilleur équilibre entre taille de la centrale et exigences environnementales. Le système d’ancrage a également fait l’objet d’une conception spécifique. Les ancres doivent être implantées selon une ligne de niveau définie au fond du réservoir, tout en permettant de conserver une élasticité suffisante dans les lignes d’ancrage. Cette configuration permet d’adapter le système aux caractéristiques géométriques du plan d’eau tout en assurant le maintien et la stabilité des îlots. Ces contraintes illustrent l’importance d’une approche intégrée du design FPV, dans laquelle l’implantation des îlots et le système d’ancrage sont conçus conjointement et respectent les conditions environnementales du site.

 

Des travaux d’ancrage exécutés dans le respect du planning environnemental

 

Le démarrage du chantier intervient dans un calendrier très resserré. En effet, les travaux d’ancrage ont d’ores et déjà commencé et doivent impérativement être réalisés avant le 31 octobre. Au-delà de cette date débute une période particulièrement sensible pour certaines espèces animales présentes sur le site, interdisant l’installation d’ancres à percussion utilisées sur le projet. Cette contrainte impose une organisation précise des opérations d’ancrage et une forte capacité à adapter les cadences de chantier pour respecter la fenêtre environnementale disponible. Une fois cette phase achevée, le chantier se poursuivra avec l’assemblage des structures flottantes, l’installation des panneaux photovoltaïques puis la mise en place progressive des différents îlots sur les quatre réservoirs. « Sur Matignicourt, la contrainte environnementale a directement influencé le design du projet et l’organisation du chantier. Nous disposons d’une fenêtre d’intervention très courte pour réaliser les travaux d’ancrage, ce qui nécessite d’anticiper précisément les différentes étapes et d’adapter nos moyens en conséquence. C’est aussi ce type de contrainte qui fait la valeur d’une expérience accumulée sur des projets flottants aux configurations variées », précise Vincent Pinchou (Ciel & Terre EMEA).

 

Encadré

Un challenge logistique pour Ciel & Terre

 

Autre particularité du projet : la centrale sera répartie sur quatre réservoirs distincts. Cette configuration implique une organisation spécifique des flux, des équipes et des cadences d’installation. À cette contrainte s’ajoute la nécessité de livrer simultanément un autre projet, ce qui demande de coordonner les productions, les approvisionnements, les ressources humaines et les moyens logistiques entre plusieurs chantiers. Ciel & Terre dispose d’une expérience de projets présentant des contraintes logistiques similaires. L’entreprise adapte ses méthodes d’assemblage, ses cadences et ses livraisons pour intervenir sur plusieurs plans d’eau et maintenir la cadence du chantier malgré la dispersion des zones d’intervention.

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