Un an après son lancement, le plan d’austérité SPRING mis en place par Voltalia peine à montrer ses effets. Leur pleine traduction dans la performance des Ventes d’énergie, et dans le résultat net et le désendettement prendra davantage de temps, compte tenu de l’inertie propre aux actifs en exploitation, du calendrier des mises en service, de la saisonnalité de l’activité et du calendrier de réalisation effective des cessions.
En atteste le résultat net part du Groupe qui affiche une perte nette de -43,3 millions d’euros, contre -39,7 millions d’euros au premier semestre 2025, Cette évolution reflète une détérioration plus importante qu’attendue de la hausse des charges financières, liée à la combinaison, d’un niveau d’endettement plus élevé, d’un environnement de taux d’intérêts plus élevés, d’une dette indexée sur l’inflation au Brésil, y compris sur les centrales en construction qui ne bénéficient pas encore de leurs revenus indexés. Entrent également en ligne de compte les dépréciations d’actifs situés au Brésil dans le cluster de projets de Serra do Mel et les coûts de transformation et le poids d’actifs qui sont déficitaires et dont les plans d’actions ne se concrétisent pas encore (en particulier pour Helexia Brésil), A noter que Helexia en Europe accélère sa revue de ses activités et de son pipeline dans le cadre de son plan de transformation, contribuant aussi à peser sur le résultat.
Pour Robert Klein, Directeur général de Voltalia, « douze mois après son lancement, SPRING commence à produire des résultats opérationnels tangibles. L’amélioration de notre EBITDA, la baisse de nos coûts de développement, la simplification de notre organisation et la forte dynamique de Renvolt illustrent les premiers bénéfices de cette transformation. Ces progrès nous permettent de confirmer notre objectif d’EBITDA 2026. Nous anticipons toutefois désormais une perte nette sur l’exercice, reflétant principalement une hausse des charges financières plus importante qu’attendu, le poids de certaines activités déficitaires ainsi que les coûts de transformation engagés. Cette situation renforce la pertinence de SPRING et notre volonté d’accélérer l’amélioration durable de rentabilité et de notre capacité à créer de la valeur. »
Si le commentaire du DG se veut rassurant, il n’a pas convaincu. L’action Voltalia a ainsi perdu 22.5% la semaine dernière avec un climax à la baisse de 17.69% le jour de l’annonce des résultats. Et les perspectives d’avenir de peser également sur le moral des investisseurs. Il a ainsi été annoncé la suspension des objectifs de résultat net en 2027 et du versement de dividende en 2028, compte tenu de l’absence de visibilité actuelle sur les conditions de réalisation des cessions prévues dans le cadre de SPRING, et de leur contribution attendue au résultat net du Groupe. Quel sera désormais le positionnement de la famille Mulliez (Auchan, Decathlon) vis-à -vis de Voltalia, elle qui détient plus de 71% du capital?

