« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement » écrivait François de la Rochefoucault. Cet apophtegme bien connu illustre la faiblesse humaine, quand l’homme ne supporte pas la vérité absolue ou l’absolu de la destruction sans détourner le regard. L’actualité estivale a donné du grain à moudre à la fameuse sentence et à sa double assertion.
Eté 2026. Côté mort, la loi relative au droit à l’aide à mourir a été promulguée le 18 août dernier après avoir été validée par le Conseil constitutionnel, et ce après des années de débats enflammés. Une loi pour rendre la mort plus supportable, davantage regardable ! Un édit pour lever les peurs. Côté soleil, six jours avant, l’éclipse solaire du 12 août, magie cosmogonique, a fasciné des millions d’êtres humains sur la planète. Et malgré les recommandations des spécialistes et les distributions de lunettes tous azimuts, certains se sont brûlé les yeux et bousiller la rétine à défier l’astre solaire, défi absurde face à la toute-puissance du phare de la galaxie. Une loi pour scruter la mort, des lunettes pour regarder le soleil dans les yeux… des remparts de papier et de polymère noir face à notre finitude !
Pendant les canicules de l’été 2026, le soleil et la mort ont pactisé ensemble avec celui qui s’habille en Prada. Sur le plan humain, les canicules successives ont fait des milliers de morts prématurées. La mortalité animale a également fortement progressé sous les vagues de chaleur. Les incendies ont maltraité le vivant, martyrisé les écosystèmes, détruit des dizaines de milliers d’hectares de forêts et de landes. Et les sécheresses encore très prégnantes poursuivent ce travail de sape et de destruction sur la faune et la flore. L’étiage des grands fleuves européens a mis à mal jusqu’au fonctionnement des centrales nucléaires par impossibilité de refroidir les réacteurs.
Les ardeurs du soleil, rendues, chaque année, plus intenses par les effets fossiles de l’anthropocène, manient la faux et sèment le chaos. Pourtant, de ce soleil de feu, des hommes de bonne volonté en ont fait un allié pour glorifier la vie. Avec du sable et du génie humain, ils ont su l’emprisonner dans des cellules aux reflets bleus et noirs pour créer de l’électricité, de l’électricité solaire, renouvelable et propre. Se jouer du soleil pour déjouer les périls, pour apaiser les brûlures du monde.
L’énergie solaire joue sur tous les tableaux, sur l’adaptation et l’atténuation, les deux mots de l’été en matière d’énergie. Deux mots pour atténuer les maux… Un exemple précis ! Oui, nous aurons besoin de climatisation à l’avenir pour sauver des vies. La climatisation solaire permettra d’adapter les logements aux canicules en limitant le coût énergétique mais aussi en atténuant le bilan carbone. Autre exemple: ce sont bien les productions d’énergie solaire grecque et espagnole qui ont permis cet été aux pays de l’est européen de pallier les déficiences nucléaires en Roumanie et en Hongrie.
Adapter nos écosystèmes aux fortes chaleurs tout atténuant le réchauffement climatique : l’énergie solaire est l’une des composantes majeures de la solution par sa facilité d’installation et sa flexibilité. L’énergie solaire chargera nos véhicules électriques pour une mobilité verte. Elle fournira de l’hydrogène vert pour l’industrie. L’agrivoltaïsme permettra aux agriculteurs de lutter au mieux contre les sécheresses en mettant les cultures à l’abri face aux aléas et aux éleveurs de protéger leurs bétails ou leurs volailles des fortes chaleurs par l’ombre prodiguée.
L’énergie solaire – n’oublions pas que l’énergie éolienne est aussi indirectement une énergie solaire – est force de vie. Elle permet d’amadouer et d’apprivoiser le soleil pour en faire le moteur énergétique d’une humanité durable, au-delà de cet astre du trépas qui a sévi en cet été 2026. « Je voudrais pas crever sans savoir… si le soleil est froid, si les quatre saisons ne sont vraiment que quatre ». En 2026 le soleil brûle et y a plus de saison cher Boris Vian !

