La France renforce sa dépendance à la production d’énergie nucléaire et accélère le déploiement du stockage d’énergie pour renforcer la stabilité du réseau, tout en augmentant les interconnexions avec les voisins. À mesure que les renouvelables variables évoluent, le véritable test de résilience auquel le pays est confronté est de savoir si les options de stockage, de flexibilité et de secours sont prêtes, et si les marchés et la réglementation récompensent la capacité capable de réagir instantanément. Une étude signée GlobalData !
Le dernier rapport de GlobalData, « Tendances du marché de l’énergie en France et analyse par capacité, production, transmission, distribution, réglementation, acteurs clés et prévisions jusqu’en 2035 », révèle que la capacité nucléaire devrait rester entre 61 et 63 GW entre 2025 et 2035, avec une croissance incrémentale portée par les mises à niveau des réacteurs et les prolongations de vie. Les énergies renouvelables, en particulier le solaire photovoltaïque et l’éolien, devraient presque doubler leur capacité d’ici 2035, mais la variabilité de leur production augmente le besoin de ressources flexibles.
Attaurrahman Ojindaram Saibasan, analyste énergétique chez GlobalData, commente : « La France devrait renforcer les mécanismes de marché afin que la flexibilité et la facilité de dispatchabilité soient correctement récompensées par des paiements de capacité, des services annexes et des contrats stables pour le stockage et l’alimentation de secours. Le pays doit également rationaliser l’obtention des permis de stockage, maintenir les infrastructures hydroélectriques par pompage, accélérer le déploiement des batteries et établir des voies réglementaires claires ainsi que le soutien à l’investissement pour les petits réacteurs modulaires (SMR). »
Les grandes hydroélectricités et le stockage par pompage émergent comme des éléments essentiels de flexibilité, aidant à atténuer les fluctuations quotidiennes et saisonnières liées aux renouvelables. Les systèmes de stockage par batterie prennent de plus en plus d’importance pour les quarts de courte durée (des heures à la réponse en moins d’une heure), y compris la régulation de fréquence et les pics du soir. Les centrales thermiques au gaz, bien que leur part de production globale diminue, restent importantes en tant que secours rapide, en particulier lorsque les actifs nucléaires ou hydroélectriques sont en maintenance ou lors de longues périodes de faibles énergies renouvelables.
La France s’est engagée à supprimer progressivement l’électricité au charbon d’ici 2027, plusieurs centrales à charbon existantes étant déjà en train de cesser ou d’être converties. Parallèlement, des améliorations de l’interconnexion sont en cours : des liaisons transfrontalières telles que l’IFA-2 et la Savoie-Piémont sont en cours de modernisation ou de construction, et des projets comme l’Interconnexion Celtique visent à augmenter les capacités d’exportation-importation via des lignes haute tension et longue distance. Ces interconnexions aideront à absorber la variabilité des énergies renouvelables, à permettre le commerce d’énergie propre excédentaire et à réduire la dépendance à la capacité de secours domestique.
Saibasan ajoute : « Les SMR gagnent en reconnaissance comme des ponts potentiels de capacité au-delà de l’horizon 2035. Avec une intensité de capital réduite, un déploiement modulaire et des dispositifs de sécurité renforcés, ils peuvent offrir une capacité supplémentaire ferme à faible émission de carbone dans les régions où les projets nucléaires à grande échelle sont confrontés à des contraintes de site, de permis ou de coût. »
Les principaux défis incluent le coût de maintenance des actifs nucléaires vieillissants ; des processus réglementaires et des accords de licence longs pour les nouveaux projets nucléaires ou SMR ; sécuriser les matériaux et renforcer les chaînes d’approvisionnement ; et veiller à ce que le stockage et l’augmentation de l’échelle des batteries soient conformes aux règles du marché et à des sources de revenus stables. Les permis environnementaux, l’acceptation sociale, l’interconnexion du réseau et les délais de sortie du charbon présentent également des risques importants.
Saibasan conclut : « Si les facilitateurs sont bien mis en Å“uvre, la France peut maintenir une énergie de base fiable grâce au nucléaire même lorsque les énergies renouvelables montent en hausse, le stockage et les interconnexions atténuant la variabilité et maintenant les émissions de carbone basses, la sécurité énergétique élevée et la dépendance aux combustibles fossiles diminuant. Sans eux, une expansion rapide des renouvelables accroîtrait les risques de volatilité de l’approvisionnement, augmenterait la dépendance au gaz en période de stress et renchérirait le coût des systèmes pour les consommateurs. »

