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N°1 PLEIN SOLEIL
 


Paru en :
Mars 2003
Ce numéro est épuisé. Vous pouvez consulter les articles ci-dessus.
 

LES CHAUFFE-EAU SOLAIRES INDIVIDUELS
   
La métropole à la traîne des DOM

Le marché du chauffe-eau solaire individuel a connu, ces dernières années, tant en métropole que dans les départements d’outre-mer, une croissance rapide. Pourtant cette activité demeure fragile. Il sera nécessaire, pendant quelques années encore, de l’entourer de beaucoup d’attentions pour éviter de réduire à néant les efforts consentis jusqu’à ce jour.
 
 
 
 
Les systèmes thermosiphons monoblocs, sont constitués d’un ou plusieurs capteurs raccordés sur un ballon situé en partie supérieure du chauffe-eau. La température de l’eau dans le capteur s’élève sous l’effet du rayonnement solaire. Sa densité diminue, ce qui amorce une circulation entre le capteur et le ballon de stockage. C’est l’effet thermosiphon. Ce dispositif permet une meilleure conservation de la température de l’eau pendant la nuit.
 
 
 
Les appareils « autostockeurs » sont constitués d’un ballon disposé dans un caisson isolant et protégé par un vitrage. Le surface réservoir d’eau chaude comporte un revêtement « sélectif » qui diminue les émissions infrarouges et par conséquent les déperditions du chauffe-eau la nuit. Ce type de chauffe-eau est surtout diffusé aux Antilles, où il est construit localement.

 
La Réunion : La course en tête
La région Réunion jouit d’un excellent climat caractérisé par un fort ensoleillement et des saisons bien marquées qui rendent incontournables l’équipement en eau chaude sanitaire. Après quelques débuts hésitants à l’aube des années 90, les ventes de chauffe-eau solaires se sont développées grâce notamment à une politique de soutien public continue (Ademe, Conseil Régional, EDF) et à la mise en place de procédures de défiscalisations. Dans le même temps, l’offre de chauffe-eau solaires s’est structurée.

Aujourd’hui deux industriels ont créé sur l’île des unités de production, excellents compléments des importateurs de matériels australiens et néo-calédoniens. Avec 13 200 chauffe-eau vendus de 2000 à 2002, la Réunion arrive donc en tête juste devant les Antilles et largement devant la métropole. Principal enjeu des années à venir : poursuivre la croissance du marché dans le secteur domestique et faire décoller le marché du solaire collectif notamment dans les logements sociaux.
 
18 PLEIN  SOLEIL - n°1 - Mars 2003  

LES CHAUFFE-EAU SOLAIRES INDIVIDUELS
 
 

Les Antilles : progression continue
Les besoins d’eau chaude aux Antilles sont beaucoup moins importants qu’à la Réunion, à tel point que bon nombre de logements ne dispose pas encore de production d’eau chaude sanitaire. Même si le marché dispose d’une meilleure antériorité, sa croissance dans les dernières années n’a pas le caractère exponentiel qu’il peut avoir dans l’océan indien.
L’explication de ce manque d’entrain réside dans la difficulté de structurer une filière industrielle sur des marchés martiniquais et guadeloupéens très morcelés qui n’ont pas atteint la taille critique. Pourtant, depuis très longtemps, il existe des opérateurs industriels, surtout dans le domaine des « chauffe-
 
Les chauffe-eau thermosiphons prennent des couleurs ! Afin de s’adapter aux coloris de plus en plus variés des toitures en tôle dans les départements d’Outre-Mer, des fabricants proposent des capots de ballons dans la même teinte.
 
 
  eau stockeurs » (Solarinox, Guadeloupe Solaire Industrie). La société Giordano Industries vient également de mettre en place une unité industrielle en Guadeloupe, pour l’ensemble de la zone Caraïbe. Sur les trois dernières années, le marché des Antilles s’étalonne à environ 11 000 chauffe-eau, les ventes en Guadeloupe étant légèrement supérieures à celles de la Martinique. Un autre facteur difficilement compréhensible peut également expliquer cet essor mesuré : la très bonne santé du chauffe-eau électrique, pourtant coûteux en exploitation et en renouvellement du matériel. Ainsi en Guadeloupe, la part de marché du solaire ne représente que 20 % du marché total des chauffe-eau. La fée électricité douche consciencieusement le soleil.

Métropole : Les premiers effets du « Plan Soleil »
Lancé au début de l’année 2000, le Plan Soleil commence lentement à produire
  ses effets. En 2002, les ventes de chauffe-eau individuels ont représenté 3600 appareils, un chiffre dérisoire au prorata de la population. Ces résultats plus que modestes sont cependant en ligne avec les objectifs initiaux du programme. Et l’ambition demeure !
L’offre industrielle est abondante - une quinzaine de marques différentes sont éligibles aux aides publiques -, une saine concurrence qui devrait entraîner, à terme, une diminution des prix de ventes et un élargissement du marché.
A moyen terme, les évolutions réglementaires attendues, devraient également permettre de banaliser le recours au chauffe-eau solaire dans les logements neufs. Enfin, il convient de saluer l’attitude des opérateurs énergétiques qui intègrent le chauffe-eau solaire dans leurs offres. GDF a déjà présenté son « Dolce vita » qui dans sa version Premium intègre un chauffe eau solaire. Quant à EDF, des signes avant coureurs comme l’intégration du chauffe eau solaire dans le label Promotelec laisse penser qu’une offre commerciale est en préparation.


 

Pour plus de discrétion et pour une esthétique plus soignée, il est également possible de dissimuler le ballon à l’intérieur du comble du logement. Le capteur disposé en partie basse de la toiture permet également un fonctionnement en thermosiphon.
 
En métropole les chauffe-eau solaires sont généralement constitués de capteurs disposés sur le toit et d’un ballon solaire avec appoint installé dans le garage ou le cellier. Le chauffe-eau est protégé contre le gel. Il est muni d’un circulateur et d’une régulation qui permet de transférer l’énergie des capteurs jusqu’au ballon solaire
 
PLEIN SOLEIL - n°1 - Mars 2003   19